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Imposture historique :: Ben Voyons et Ben Couscous
From Migdal

 
INDIGENES

Je suis allé voir hier soir le film "Indigènes". Sur la pointe des pieds. Je ne me souviens pas d'être allé au cinéma avec autant d'appréhension. A la fin du film quelques personnes ont applaudi. Mais je ne sais pas pour quelle(s) raison(s) au juste. La salle était archi comble. Elle s'est vidée dans une sorte de silence religieux. Une importante partie du public restait assise, comme pour ne rien perdre, même pas la musique qui accompagne le long générique de fin.
Deux cousins germains de ma mère ont été blessés dans cette 1ère Armée. A Autun et en Alsace.  Son frère est tombé le 15/8/44 à Ecouché dans le Calvados, 2ème Classe dans la 2ème DB, grièvement blessé. Sept éclats d'obus dans le ventre. Son cousin préféré, Roger, a été tué devant Colmar. Presque tous avaient 20 ans. Mon père était dans le Groupe de « Marauders »  B26  "Maroc" organisé aux USA sous l'impulsion directe de Vichy. A 27 ans il portait la Légion d'Honneur, la Croix de Guerre, la Médaille Militaire et trois ou quatre citations. Il a perdu un nombre innombrable de camarades en combat aérien autant qu'aux entraînements (c'est la différence qu'il y a entre: "Mort au Champ d'Honneur" et "Mort pour la France"). Je n'ai presque jamais vu de feuilletons ou de films relatant le sacrifice et l'héroïsme de ces libérateurs rangés aux profits et pertes. La raison en est simple: Comme la légende gaulliste enseigne que ce sont les maquis qui ont libéré le pays et que toute l'Occupation allemande n'a consisté que pour Vichy à donner la main aux Occupants afin d’envoyer une certaine catégorie d'habitants dans les camps de la mort, si des cinéastes américains et un cinéaste arabe ne rétablissent pas formellement l’autre versant de l’histoire de temps en temps, l'autosatisfaction cocardière des gaullo-français  pourrait demeurer inextinguible.

De ce film je garde quelques impressions immédiates fortes: L'engouement au départ des Arabes pour aller sauver la France des Nazis.
On se demande, pourtant,  dans cette histoire où sont les Français d'Algérie. On les devine aux commandes, plus ou moins en sécurité.
Le seul Pied Noir avéré - un dénommé Martinez - se trouve le moyen d'avoir une mère musulmane !  On aperçoit le Maréchal Juin, béret et mégot, qui ne dit rien et assiste au carnage à la jumelle depuis la colline opposée. No comment.Je pense au Colonel Joseph Broizat et à ses camarades lieutenants partis à 13 en 1943, de Tunis, et arrivés au nid d'aigle à ... un et demi. Onze lieutenants tués. Le Capitaine de Saint Sauveur amputé des deux jambes et le lieutenant Broizat, indemne. Il reçut le soir d'une bataille la Silver Star des mains du Commandant en chef américain. Cette décoration est la plus grande distinction militaire de l'Histoire des USA. 14 Allemands tués en corps à corps. Il est mort discrètement le 14/8/2000 à Terrasson, en Dordogne. Cet ancien héros de l'Indochine et de l'Algérie, pustchiste et Docteur en Théologie, me disait: " Je ne voulais pas garder l'Algérie à la France, mais la France à l'Algérie". Quel gaulliste peut comprendre cela ?
Si on ajoute à ce tableau que le film ne mentionne pas la présence d'un seul juif d'Algérie dans l'Armée de la reconquête, on a des chances de mieux saisir encore l'objectivité du réalisateur.
Les acteurs sont remarquables. Dans leur rôle je les ai trouvés parfaits. J'ai dit à ma voisine que les Français vont apprendre dans ce film que les guerriers qui vont mourir n'ont pas honte de parler à Dieu et de prier. Et que ce Dieu s'appelle Allah devrait confondre de honte le cinéma français, vautré en général dans la bêtise hurlante, le mépris des valeurs qui font vibrer les hommes de toutes les races et de toutes les religions. Les jeunes Arabes du 7ème RTA aiment leur famille, leur pays et leur Dieu. Ils meurent pour la France dans la fidélité à leur identité. Au moment de mourir et de tuer ils implorent la divinité, ce que font les humains depuis la nuit des temps.
Mais le cinéma français, autant que le monde français en général, ignore cela. Si l'immigration pouvait au moins enseigner à ce peuple amnésique, athée et nombriliste qu'il n'est pas honteux de se mettre à genoux devant Dieu, elle serait déjà un bien !
Je retiens aussi un autre point capital de ce film. Celui qui fait tomber des nues - dit-on - les jeunes gens issus de l'immigration qui ignoraient pour l'écrasante majorité d'entre eux que leurs grands pères avaient pu se battre pour la France. Quant aux jeunes non issus de l'immigration, je veux parler des jeunes Français d'origine, leur asservissement au Prêt-à-Penser est à peu près du niveau de leur ignorance. Ils en savent même tellement peu qu’il arrive parfois que leurs enseignants s’en rendent compte. Ils préfèreront toujours "Les Nuls" à "Indigènes". Elevés ou laissés pour compte par des parents culturellement nomadisés et ayant été enseignés dans une Histoire de France non chronologique, il est difficile de leur expliquer que Clémenceau n'est pas le contemporain de Charles X et que Charles Martel ne s'est pas battu à Waterloo. C’est la Méthode Globale appliquée à l’Histoire.


Ils découvrent donc que ce n'est pas la Résistance – toute seule - (donc De Gaulle) qui aurait libéré la France, mais des troupes innombrables qui seraient venues d'Afrique du Nord. Ils avaient entendu parler de la Normandie. Pas de la Provence. Leclerc effaçait Juin. Eisenhower effaçait Patch et Overlord, Dragoon. Au passage on entend parler dans ce film d'Américains mais on ne les voit pas. Il fallait oser.


Ce qui est aussi dédaigneux que de ne montrer des Français d'Algérie que les immenses cimetières qu'ils ont peuplés !
Une scène nous montre l'arrivée de nos quatre soldats arabes dans un village lorrain ou alsacien. Ils y arrivent largement en éclaireurs.
Les Boches ne sont pas loin. Dès qu'ils les aperçoivent les villageois leur sautent au cou en découvrant enfin, des Français ! Or il s’agit bien de soldats arabes, assez reconnaissables et de plus ces soldats portent l'uniforme... américain ! La clairvoyance de ces villageois semble trop excessive pour être crédible.
De nombreuses allusions à De Gaulle comme s'il était l'ordonnateur et l'organisateur de cette reconquête. On sait que l'Homme de Londres n'a pas été informé par Churchill et Eisenhower du Débarquement du 6 Juin et qu'il l'a appris comme le reste du monde, le lendemain, par les journaux. L'intention du réalisateur est constamment et lourdement politique. Il invoque un De Gaulle qui n'est pas le  politicien qui liquide ses concurrents internes (Darlan, Giraud, Pucheu etc. ) et dont Hitler ne parle jamais alors que toutes les archives allemandes du GQW et de la Wilhemstrasse n'évoquent Pétain que par ce mot : " Le vieux renard" !  Le réalisateur évoque le De Gaulle de Mai 58 qui vient pour tromper tout le monde, tromperie dont les anciens combattants musulmans des deux guerres et évidemment les Harkis vont être les premiers avec les Français d'Algérie à faire les frais au comptant. C'est l'écueil, conscient ou involontaire,  classique des romanciers ou des cinéastes qui mélangent des périodes historiques en attribuant par exemple à Henri IV des vertus droits de l'hommistes ou à Napoléon une connaissance approfondie des théories de Walther Darré et d'Heinrich Himmler. Il n'est pas facile, même quand on est honnête, de replacer l'ensemble d'une histoire ancienne dans le contexte psychologique  exact de ce temps.
Quand la mode vient pourrir l’Histoire, plus rien n’est possible. Par une sorte de regain d’inconsistance nationale, les pithécanthropes du caniveau électoraliste se croient plus ou moins tous obligés de citer De Gaulle. Peu importe la pertinence du propos. Comme ils n’ont rien à dire, ils meublent le vide. « Comme disait le Général De Gaulle » … :
« Fécamp, port de pêche à vocation maritime et qui entend le rester ».
En outre il est aisé quand on a été pour Pétain et contre, pour les colonies et contre, pour les Anglais et contre, pour l’Algérie française et contre, avec les communistes et contre, à Brazzaville et à Mostaganem, avec Salan et l’envoyant aux juges, avec Paul Reynaud et le tenant pour moins que rien,  etc. il est aisé – disais-je – de se prononcer pour tout et son contraire et de le citer à tour de bras et dans tous les sens puisque c’est avec lui la certitude de ne pas se tromper comme il est aisé d’attribuer à Guitry n’importe quel bon mot sur les femmes, même s’il est de Jules Renard ou d’Alphonse Allais. Dieu reconnaîtra les siens.
A la fin du film un texte indique que les pensions des anciens combattants furent « gelées » par la république. Ce n’est pas très honnête de ne pas tout dire de cette affaire. Il se trouve que les pensions des anciens combattants africains en faisaient parfois chez eux des nababs plus riches que des fonctionnaires de haut rang de leur nouvelle république. Ce sont les dirigeants africains eux-mêmes qui prièrent la France de geler ces pensions !
En revanche, comment ne pas confesser que le cas exemplaire de Ben Bella ne soit une bonne illustration de l’impéritie française – et souvent pied-noire – à rendre hommage et honneur à l’ensemble des combattants qui s’étaient engagés à nos côtés ? Titulaire de la Légion d’Honneur reçue au Monte Cassino, il revendiqua quelques droits qui reçurent pour toute réponse l’assourdissant silence des autistes de service qui sont intrinsèquement ancrés dans la conviction qu’il est conseillé de commencer toujours par prendre les autres pour des crétins.


Ce n’est pas totalement par hasard qu’il se retrouva donc dans l’attaque de la Banque d’Oran quelques années plus tard et si nous sommes de ceux qui approuvons le juste combat de l’OAS contre le mensonge et l’abandon, nous sommes aussi de ceux qui n’avons jamais manqué de rappeler qu’on ne peut parler d’intégration de IO millions d’immigrés qu’à la condition de commencer par assimiler les 200.000 Harkis envers lesquels notre dette était totale.
En se mettant à la place de ce réalisateur il est difficile de vouloir l’accabler. Il suffit pour cela de se souvenir de cette terrible réalité que le mirage du gaullisme cocardier n'a fait qu'aggraver car le mensonge historique ne fait jamais de bien: Dans cette guerre où ont été les Français ? Il y avait ceux qui se battaient sous l'uniforme américain. J'ai sous les yeux les vieilles photos de mes oncles, tankistes chez de Lattre ou chez Leclerc et de mon père, radio mitrailleur en B26. Ils sont tous sous l'uniforme yankee. De l'autre côté, ceux dont on ne parle plus et qui se battaient aux côtés d'unités de Waffens SS musulmans du Turkistan et de Bosnie,  les Français de la LVF et de la Charlemagne qui se battaient sous pavillon allemand.


Quand une nation va chercher au Sénégal et en Afrique du Nord ses libérateurs ou ses travailleurs immigrés et qu'elle n'est plus capable de faire la guerre autrement que sous les uniformes étrangers, il est naturel que ses Contes, Légendes et Mythologies prennent du plomb dans l'aile.


    Guy ROLLAND


Posté le 26/10/2006 par le réseau Jord


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