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Imposture des pouvoirs :: La Catalogne bouge
From Le Télégramme du 20 novembre 2006
CITATION

Identité. La Catalogne retrouve son Nord

Pyrénées- Orientales, Roussillon, Catalogne du Nord : le pays dominé par le Pic du Canigou, bordé par la Méditerranée et les Pyrénées, irrigué par la ville de Perpignan, a une identité compliquée, à l’image de ses destins administratif, géographique et historique. Depuis une décennie, les Catalans du Nord s’affirment de plus en plus.

Le serment de Montferrer : un titre de roman populaire. Il a été écrit il y a seulement deux ans, gravé dans la pierre et ce n’est pas une fiction. Le serment de Montferrer, c’est l’engagement des 14 maires de la petite vallée pyrénéenne du Vallespir de rester unis pour contrer un projet de ligne à très haute tension. La rébellion des petits maires a réveillé une fierté catalane en sommeil.
Le symbole de la THT
Cette identité est illustrée à Montferrer ce fameux samedi 12 août, pour le deuxième anniversaire du serment. « Le projet de ligne à très haute tension (THT), c’est la négation de nos valeurs », assène Christian Bourquin, le président socialiste du département, qui soutient le combat de la vallée. « C’est une honte pour nous. Nous sommes les derniers de la chaîne des Pyrénées à qui l’on veut l’imposer, après les échecs en Pays basque et dans les Hautes-Pyrénées. Si nous acceptons ce projet, nous serons des moins que rien, car ailleurs ils ont réussi à l’empêcher. » Le combat contre la ligne très haute tension a pris une dimension imprévue, surtout des promoteurs de RTE (Réseau de transport d’électricité), qui ne pensaient pas rencontrer ici un tel front. « No pasaran » : le slogan qui couvre les murets des lacets qui montent à Montferrer est explicite. La vallée refuse l’installation de nouveaux pylônes pour une ligne de 400.000 volts. En mai 2005, le projet a commencé par créer une solidarité transfrontalière. « A cette occasion, pour la première fois peut-être depuis le Traité des Pyrénées (1), les élus du nord et du sud opposés à cette ligne se sont réunis. Les rencontres se sont déroulées en catalan, la langue commune. Elle servait, enfin, à autre chose qu’à des manifestations festives » , sourit Simone Casals, épouse d’un élu de Montferrer, en pointe dans le combat. Il aura donc fallu attendre le début du XXI e siècle pour que les Catalans du nord découvrent leur cousinage avec le sud ? Presque.
Depuis les années 1970
Au début des années 1970, Perpignan était la ville de toutes les lumières pour les gens d’un sud pauvre soumis à la dictature. L’Espagne, en une décennie, a renversé la donne, plus précisément entre la mort de Franco, en 1975, et l’adhésion à l’Union européenne, en 1986 : le pays a mis en place les outils d’une profonde mutation sociale, économique et institutionnelle, qui donnera toute sa mesure dans les années 1990. Jean-François Castex, dans un ouvrage récent (« La Catalogne Nord en quête d’identité », aux éditions Le Temple d’or), s’est penché sur le réveil de son pays. « Les Jeux Olympiques de 1992, à Barcelone, ont eu un vrai impact », explique-t-il. Les retransmissions télévisées ont donné l’image d’une métropole animée, prospère, fière d’une identité n’ayant pas peur de la modernité. Lors des épreuves, des discours officiels, la langue ne faisait pas de la simple figuration, et l’on dansa des sardanes à l’ouverture des Jeux. La reconstruction de l’identité nord-catalane peut se lire ensuite au travers de multiples signes qui imprègnent fortement l’imaginaire collectif. Cette même année 1992, un préfet était nommé dans les Pyrénées-Orientales qui allait, par son opposition viscérale à toute manifestation culturelle catalane, provoquer en retour un regain de cette expression (Bernard Bonnet, c’est de lui qu’il s’agit, deviendra célèbre en Corse à partir de 1998, notamment dans « l’affaire des paillotes »). En 1993, la ville de Perpignan se double officiellement du nom de Perpinya la Catalana et ouvre une délégation à Barcelone pour développer les échanges économiques. Le maire de droite, Jean-Paul Alduy, a intégré des autonomistes catalans dans son équipe. Le conseil général, dirigé par le socialiste Christian Bourquin, ne pouvait qu’emboîter le pas. En 1998, il affiche son slogan : « L’accent catalan de la République française. » Foot et rugby même combat Toujours au cours de cette dernière décennie du XX e siècle, le sentiment catalan est porté par un club sportif. L’Usap, le club de rugby de Perpignan, atteint la phase finale du championnat de France lors de la saison 1997-1998. « Jamais ne s’était exprimé avec une telle vitalité, une telle lisibilité, une telle envie de s’exprimer, un tel désir d’auto-affirmation », écrit Jean-François Castex. Le tout accréditant la thèse d’une quasi-utopie compensatoire, rôle que jouerait le phénomène Usap à l’égard d’une société catalane blessée dans son orgueil et en quête d’un dédommagement psychologique. » Le slogan de l’Usap, « Fiers d’être Catalans » , se multiplie sur les banderoles, les tee-shirts. En 2003, la phase finale de la coupe d’Europe a été l’occasion de la même ferveur. Aujourd’hui, chaque match s’accompagne d’une mer de drapeaux rouge et or, de chants en catalan. Le club a installé un site internet et une signalétique bilingues, et en général une partie des commentaires des matchs est en catalan. Mieux, le club de rugby s’est rapproché d’un homologue tout aussi porteur de nationalisme, mais au sud et dans le football, le Barça.
« Bricolage identitaire ? »
Avec un peu de retard sur les autres régions à forte identité de l’Hexagone, la Catalogne s’est donc pourvue de ses référents identitaires. Aujourd’hui, on y décline aussi un cola local, des lignes de vêtements jeunes griffées Catalogne, des groupes de rock alternatif ou de jazz métissés de traditionnel. Tout ceci n’est-il qu’un « bricolage identitaire » , se demande Jean-François Castex ? Car la langue catalane est très mal en point en France. Il coûte plus cher pour un Perpignanais de téléphoner à Figuères, de l’autre côté de la frontière, qu’à Lille, et le courrier circule moins vite entre Perpignan et Barcelone que vers Brest. Comment, d’ailleurs, comparer une Généralité dotée de presque tous les pouvoirs d’une nation avec un département ?
Lente ouverture au « sud »
Les relations transfrontalières se développent lentement. En septembre 2005, la première école transfrontalière a ouvert ses portes au Perthus, village coupé en deux, côté français. Elle accueille depuis longtemps des enfants du « sud ». La situation a été officialisée avec un projet pédagogique original : l’enseignement est bilingue (le matin en français, l’après-midi en catalan) et les enfants ont le choix entre une heure trente d’anglais ou d’espagnol par semaine. Un projet transfrontalier plus ambitieux est en cours d’élaboration dans les hautes vallées de Cerdagne : un hôpital transfrontalier doit être construit à Puigcerda, côté sud, en 2008, après convention avec la Sécurité sociale, avec des financements franco-catalans et un personnel mixte. Une demande de classement au patrimoine de l’Unesco de la zone montagneuse descendant vers la mer, portée par le pays « Pyrénées-Méditerranée », d’un côté, et le conseil comarcal équivalent, de l’autre, a été présenté officiellement par les Etats français et espagnol. Le corset se craquelle peu à peu. La riche Catalogne du Sud est aujourd’hui autorisée à financer publiquement la promotion de la langue catalane au nord (écoles, signalétique). 1. Cinq comtés du nord furent séparés de la Catalogne par le traité des Pyrénées, en 1659, et annexés par Louis XIV en tant que « province étrangère ».
Ronan Larvor

Points de repères

Pays catalans : ils regroupent les territoires de part et d’autre de la frontière franco-espagnole où la langue catalane s’est développée, et englobent, à ce titre, le département français des Pyrénées-Orientales. La Catalogne : cette région autonome espagnole s’étend sur plus de 32.000 km² (27.200 pour la Bretagne) et compte sept millions d’habitants (2,9 millions en Bretagne).

FIN DE CITATION

En précisant que la Bretagne a 4.000.000 d'habitants et une diaspora évaluée a minima également à 4.000.000 de personnes


Posté le 20/11/2006 par le réseau Jord


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