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Imposture anti raciste :: Invasion tous azimuts
L'islamisme essaime en Inde
LE MONDE | 25.05.07 | 14h55  •  Mis à jour le 25.05.07 | 14h55

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3216,36-915297@51-910862,0.html

Un nouvel attentat antimusulman, à l'intérieur même d'une mosquée du XVIIe
siècle, à Hyderabad, a tué onze personnes et en a grièvement blessé une
trentaine d'autres, le 18 mai, dans cette ville du centre-sud de l'Inde. Cette
nouvelle attaque, après l'attentat de septembre à Malegaon - bilan : 31 morts -,
a provoqué une émeute mettant aux prises la police et plusieurs centaines de
jeunes parmi les 10 000 croyants qui se pressaient en ce lieu pour la prière du
vendredi. Deux autres personnes ont été tuées dans ces affrontements, tandis que
la police découvrait deux autres engins explosifs dans la mosquée.

Rajasekhara Reddy, le ministre en chef de l'Andhra Pradesh, où se trouve
Hyderabad, a immédiatement dénoncé un "sabotage intentionnel contre la paix et
la tranquillité qui règnent dans le pays". Litote ? Ce nouvel attentat et les
mouvements de colère qui ont suivi ont en tout cas relancé les craintes,
récurrentes en Inde, et notamment à Hyderabad, d'affrontements plus fréquents
entre la majorité hindouiste d'Inde et la minorité musulmane.

Problème nouveau : deuxième du monde avec 140 millions d'âmes (sur 1 milliard
d'Indiens), la communauté musulmane indienne pourrait ne pas être aussi immune
que par le passé à l'idéologie d'Al-Qaida et de son fondateur, Oussama Ben
Laden. Alors qu'aucun Indien musulman n'a jamais été impliqué dans une opération
liée à l'extrémisme islamiste, l'arrestation de jeunes musulmans locaux dans
plusieurs récents attentats sanglants en Inde a réveillé le spectre d'une
participation locale au panislamisme militant. Le premier ministre, Manmohan
Singh, et la présidente du Parti du Congrès, Sonia Gandhi, ont tiré la sonnette
d'alarme. Manmohan Singh a insisté sur la nécessité de donner aux musulmans plus
de place dans la société, et en particulier dans les appareils de sécurité. Le
Raw (Research Analyse Wing, service indien de renseignement) n'emploie pas un
seul musulman, et l'Intelligence Bureau (équivalent de la DST) en compte très
peu.

Au-delà des problèmes opérationnels que pose aujourd'hui cette absence, elle
souligne surtout la méfiance vis-à-vis d'une communauté qui a choisi l'Inde au
moment de la partition, en 1947. "L'histoire des soixante dernières années nous
dit que la peur (vis-à-vis de la minorité musulmane) sera toujours là", affirme
Animesh Roul, chercheur à la Société pour l'étude de la paix et des conflits.
Sans toujours l'avouer ouvertement, beaucoup d'Indiens partagent ce sentiment,
et les années au pouvoir des nationalistes hindous du BJP (Parti du peuple
indien) n'ont pas contribué à améliorer les choses.

Cette méfiance alimente des griefs qui, jusqu'à maintenant, étaient restés
"indiens". Mais plusieurs événements ont radicalisé une frange de la communauté
musulmane devenue plus sensible aux sirènes du panislamisme. "La démolition de
la mosquée d'Ayodhya (le 6 décembre 1992) a été un tournant", explique Wilson
John, de l'ORF (Observer Research Foundation). "Les musulmans ont été
profondément troublés non pas tant par la destruction de la mosquée que par
l'échec de l'Etat à protéger ce lieu et à prévenir les extrémistes hindous de
massacrer des musulmans." Environ 1 700 personnes, en majorité de confession
musulmane, ont été tuées, notamment à Bombay, capitale économique de l'Inde, au
cours d'émeutes interreligieuses en décembre 1992 et janvier 1993. Dix ans après
Ayodhya, 2 000 musulmans ont été victimes d'émeutes dans l'Etat du Gujarat, avec
la complicité du gouvernement nationaliste hindou. Ce massacre a donné un
nouveau coup de pouce aux radicaux dans un contexte général d'après
11-Septembre, où, comme l'affirme le professeur Imtiaz Ahmad, " les musulmans
étaient suspects".

C'est, semble-t-il, après Ayodhya que les activistes du Mouvement islamique des
étudiants (SIMI) ont commencé à s'organiser dans l'Etat du Maharashtra. "Ce fut
la naissance d'un extrémisme islamiste", affirme M. John. Interdit en 2001, le
SIMI avait été créé en 1977 comme un mouvement de cadres destiné "à fournir à la
communauté musulmane des intellectuels instruits et ouverts", selon Mohammad
Yasim Patel, avocat du mouvement, qui a été condamné à sept ans de prison pour,
selon lui, avoir collé des affiches. Largement financé par l'Arabie saoudite, le
SIMI entretenait des relations avec des mouvements islamistes au Pakistan, au
Bangladesh, dans les pays du Golfe. Certains de ses cadres ont profité de leur
présence en Arabie saoudite, dans les années 1990, pour recruter des militants
parmi les milliers de musulmans indiens qui y travaillent. Actif dans plusieurs
Etats indiens, le SIMI ne cachait pas son admiration pour Ben Laden. Dans tous
les récents attentats, la police indienne a impliqué des anciens du SIMI,
qu'elle accuse soit d'avoir aidé des exécutants venus du Pakistan, soit d'y
avoir suivi des entraînements.

Incontestable, le soutien du Pakistan aux musulmans du Cachemire, qui luttent
pour le rattachement de cet Etat à majorité musulmane à Islamabad, s'est-il
étendu à tous les croyants indiens ? Beaucoup, en Inde, le pensent. "Depuis des
dizaines d'années, le Pakistan envoie des agents provocateurs en les dotant de
ressources et de moyens", affirme Ajai Sahni, directeur général de l'Institut
pour la gestion des conflits. "Dans toute société, vous avez toujours de petits
groupes disposés à transformer des griefs en violence", dit-il. Plus discret
mais peut-être plus marquant à terme, le rôle de l'Arabie saoudite est aussi
souligné dans la radicalisation de la communauté. "Ces vingt-cinq dernières
années, les Saoudiens ont très sérieusement essayé de propager leur vision
salafiste et wahhabite (rigoriste) de l'islam", affirme le professeur Imtiaz
Ahmad. "Les oulémas salafistes, qui ont bénéficié brusquement de gros moyens,
ont aidé à modeler un état d'esprit très étroit et très rigide", ajoute-t-il.
"Le SIMI et le Tablighi Jamaat, qui ont une présence substantielle dans la basse
classe moyenne, peuvent créer un environnement politiquement réceptif au
djihad", dit-il encore.

Fondé en Inde en 1927 par un religieux de l'école deobandi (fondamentaliste), le
Tablighi Jamaat se veut un mouvement apolitique de prédication, mais il est
largement considéré comme une puissante agence de recrutement au service de
l'extrémisme. Le Tablighi entretient un réseau d'écoles coraniques (madrasas)
comme la Jahma Rahmania Tajweed Ul-Kuran à Nangloi, dans la banlieue nord de
Delhi. Avec ses mares putrides, ses rues poussiéreuses et défoncées, ses maisons
en quinconce, Nangloi n'est pas le Delhi du XXIe siècle, et la madrasa est à
l'image de ce quartier défavorisé. 280 enfants, dont 135 pensionnaires venus de
différents Etats indiens, y étudient. "A Delhi, le Tablighi Jamaat a 400 000
membres", affirme Mohammad Lukman, directeur de l'école.

Dans le quartier musulman de Nizamuddin-Ouest, à Delhi, personne n'avoue
connaître leur lieu de rassemblement. "Le Tablighi Jamaat n'a ni adresse ni
bureau officiel", affirme l'un de ses membres : "Tout le monde se contacte par
téléphone." Dans sa madrasa, Mohammad Lukman avoue sa peur. "Que pouvons-nous
faire ? Si un de nos fils fait quelque chose de mal, toute la communauté est
blâmée. Si on s'adresse aux autorités, elles nous accusent de nourrir la
violence dans les madrasas. Les musulmans ne sont pas capables de défendre leurs
droits, car même s'ils disent la vérité, celle-ci est interprétée à leur
détriment", ajoute-t-il. "Au nombre de 15 000, les madrasas, en majorité
deobandi, fournissent une éducation conventionnelle qui ne fait aucune part à
l'esprit critique et forme des mollahs conservateurs", affirme le professeur
Ahmad, tout en soulignant que seuls "1,5 % à 2 % des enfants musulmans étudient
dans les madrasas". Celles-ci sont fortement financées par les milieux
d'affaires musulmans. "Très généreux, les hommes d'affaires musulmans ne
désirent sûrement pas soutenir le terrorisme, mais l'argent donné peut être
détourné à des fins extrémistes", explique M. Ahmad. Les cassettes d'Oussama Ben
Laden ou de son adjoint, Ayman Al-Zawahiri, sont facilement accessibles en Inde.
"Nous n'avons pas le droit de parler de cela", affirme simplement Omar, un
étudiant de la madrasa de Nangloi.

"Le panislamisme n'a pas atteint le point où les extrémistes indiens auraient un
lien direct avec Al-Qaida", affirme le docteur Subhas Kapila, consultant du
South Asia Analysis Group. "Mais l'Inde est aujourd'hui assiégée", dit-il. "Si
le gouvernement échoue à examiner certains griefs de la communauté musulmane, je
pense que l'extrémisme islamiste va s'accroître et dériver vers le terrorisme",
affirme M. John. "Le gouvernement ne devrait pas traiter tous les musulmans
comme des terroristes, car, s'il le fait, il aura de gros problèmes",
ajoute-t-il.

Pour l'instant, selon les experts, les cellules islamistes extrémistes sont
encore isolées les unes des autres, et on ne peut pas parler d'un véritable
réseau. Mais la multiplication des incidents - soixante-quinze rien qu'à Delhi
impliquant des groupes islamistes entre 2004 et 2006, selon M. Sahni - et les
saisies de plus en plus fréquentes d'armes et d'explosifs reflètent, selon eux,
une activité croissante. Limité à une infime minorité de musulmans, le
panislamisme militant a pénétré l'Inde. Comme l'affirmait M. K. Subramanian,
membre du Conseil national de sécurité au lendemain des attentats de Mumbai, en
juillet 2006 (200 morts) : "Vous ne pouvez pas exclure la présence de
sympathisants locaux d'Al-Qaida."



Françoise Chipaux Correspondante en Asie du Sud
Article paru dans l'édition du 26.05.07


Posté le 31/05/2007 par le réseau Jord


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