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Imposture historique :: Les communistes



Culture Loisirs | Figaro Littéraire
De la Résistance à l'assassinat politique

Par Stéphane Courtois.
Publié le 20 septembre 2007
Actualisé le 20 septembre 2007 : 11h06




Liquider les traîtres : la face cachée du PCF 1941-1943 de Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre Robert Laffont, 416 p., 22 €.

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L'essai de Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre met en lumière l'existence pendant la guerre d'une police politique au sein du Parti communiste français.
DEPUIS 1944, la Résistance a été - des gaullistes aux communistes - le socle de toute légitimité politique ; et elle a mobilisé la mémoire nationale et nourri un imaginaire tant nationaliste que révolutionnaire. Les résistants ont multiplié des récits qui ont été considérés comme textes sacrés par l'opinion et la plupart des historiens. Ce privilège du témoin s'est maintenu pendant six décennies, une loi de 1979 ayant imposé ce délai à l'ouverture des archives de l'État. Et il a, au fil des ans, encouragé le développement de légendes résistantialistes, colportées - souvent jusqu'à la boursouflure - par nombre d'auteurs et que, faute d'accès aux documents représentant une réelle preuve, il était impossible de vérifier.
Ce délai est aujourd'hui forclos et l'on assiste à une révolution documentaire qui inaugure la renaissance des études sur la Résistance et fait voler en éclats les légendes. En 2004 déjà, Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre ont publié un ouvrage remarquablement documenté sur les débuts de la lutte armée du Parti communiste français, de l'été 1941 au début 1942 (1). Un lancement qui se solde par un triple échec : 7 soldats allemands tués, 30 combattants arrêtés et condamnés à mort et 218 otages fusillés - dont le désormais célèbre Guy Môquet, arrêté début octobre 1940, alors que le PCF n'était encore guère résistant. Avec Liquider les traîtres - et grâce aux riches archives de la Préfecture de police de Paris, qui recèlent également les archives internes du PCF clandestin, saisies lors des arrestations -, les mêmes auteurs éclairent tout un pan, très mal connu parce que très secret, de l'histoire du PCF en résistance : celle du « détachement Valmy ». Harcelé par Moscou qui exigeait une intensification de la lutte armée en France, Jacques Duclos, le chef du parti clandestin, chargea ce groupe - bras armé de la commission des cadres, organe central de l'appareil - d'organiser à Paris, entre août et octobre 1942, des attentats spectaculaires contre l'occupant. Le plus fameux fut l'attentat contre le cinéma Rex qui tua trois Allemands et en blessa une vingtaine. Mais le « Valmy » avait d'autres activités moins avouables : il était en réalité la police intérieure du parti, et ses membres se considéraient comme une « GPU », du nom de la police politique de Staline. Ainsi, de juillet 1941 à juillet 1942, le « Valmy » s'est consacré à des assassinats ciblés visant en priorité d'ex-dirigeants communistes qui, après le pacte entre Hitler et Staline d'août 1939, s'estimaient trahis dans leur engagement antifasciste et avaient quitté le parti. Le premier, abattu dans le dos, fut Marcel Gitton, ex-membre du bureau politique. S'il visa des collaborationnistes - comme Clément, rédacteur en chef du journal de Doriot -, le « Valmy » commit aussi nombre de « bavures », coûtant la vie à des Français innocents. Deux cas sont particulièrement troublants : celui de Georges Déziré, cadre communiste important accusé à la légère de travailler pour la police, assommé à coups de briques et abattu à coups de revolver, et que Duclos, après guerre, lava de tout soupçon ; et celui de Mathilde Dardant, une jeune femme agent de liaison de Benoît Frachon - numéro deux du parti clandestin -, assassinée sur ordre de la direction, semble-t-il pour raisons « sentimentales », et dont le corps fut abandonné, nu, dans les bois.
Fanatisme idéologique
Le « Valmy » a été un de ces noyaux formés par le PCF et prêts, par fanatisme idéologique et discipline bolchevique, à suivre aveuglément les ordres, y compris les plus infâmes. Le fonctionnement et la mentalité de ce groupe soulignent ce qui, au coeur de l'appareil communiste, constituait sa dimension proprement totalitaire. Cette histoire du « Valmy » éclaire, en miroir, celle des deux brigades spéciales des Renseignements généraux chargées de traquer les « terroristes ». Formées de policiers républicains, elles recherchaient déjà les communistes en 1939-1940, quand le PCF prônait le défaitisme en pleine guerre contre Hitler, et poursuivirent ce travail quand, à partir de l'été 1941, le PCF entra en résistance ouverte à l'occupant. Les auteurs nous en détaillent l'organisation, nous brossent le portrait et les motivations de leurs chefs, nous décrivent leurs méthodes de travail - de la filature la plus sophistiquée aux tortures physiques et psychologiques les plus efficaces - et nous narrent la fin de la partie : lors de la libération de Paris, une préfecture où la cave du préfet de police a été pillée, où l'état d'ébriété est général et où le communiste Arthur Airaud a pris le commandement, s'emparant de nombre d'archives pour le compte du parti et engageant une épuration expéditive.

(1) « Le Sang des communistes. Les Bataillons de la jeunesse dans la lutte armée, automne 1941 », Fayard, 415 p., 22 eur.


Posté le 17/10/2007 par le réseau Jord


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