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Imposture médiatique :: Morvan/Ouest France
Texte paru sur le Net le 17/07/08 - Jeudi 17 juillet 2008

Via War Sav Breizh



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Les incohérences et oublis intéressés de Françoise Morvan

Françoise Morvan est devenue, il faut en convenir, l'icône accomplie de la lutte contre toute "revendication bretonne", éternellement marquée chez elle des sceaux de la réaction, du racisme larvé, du néo-libéralisme sauvage, d'atteinte caractérisée aux idéaux humanistes et démocratiques, soyons-en convaincus une bonne fois, de la République française selon son modèle unitaire fondé par les loges maçonniques lors de l'avènement de la Troisième République.
Françoise Morvan a nourri sa défiance envers le milieu culturel et politique suite à un amour malheureux avec un éminent défenseur de la Bretagne. Cette frustration passionnelle a durablement marqué une femme, au demeurant brillante intellectuellement, qui aurait pu apporter beaucoup de choses à la Bretagne. Il suffit pour s'en convaincre de noter la production littéraire de madame Morvan, son talent évident de plume. C'est donc un accident de la vie qui a rendu chez elle le rapport à la chose bretonne aussi vif et passionnel, aussi éloigné de la raison également. La détermination du ton et les plans qui organisent les textes politiques de cette dernière sont si empreints d'émotion et de colère que l'on ressent chez elle, encore aujourd'hui, une profonde blessure non guérie. Une blessure qui motive la croisade contre la Bretagne politique qu'elle mène désormais cahin caha avec une poignée de sans-culottes septuagénaires.

Françoise Morvan, entre incohérences et contradictions
Ce que nous retenons tout d'abord de Françoise Morvan, c'est l'incroyable lot de contradictions qui sont les siennes. À commencer par la langue. Elle reproche avec véhémence la superficialité du breton moderne issu d'une unification d'autant plus odieuse que réalisée en 1941 durant l'occupation, "sur ordre !" avance-t-elle. On entend jamais Françoise Morvan reprocher aux Français d'avoir, grâce à l'Académie Française, standardisé le français d'oïl, et encore un de ses patois, et de l'avoir déclaré langue du royaume puis de la république pour mieux l'imposer par la contrainte à toutes les minorités linguistiques du pays. Paradoxalement, elle se range du côté de l'Académie pour censurer l'introduction des langues régionales dans la constitution française au motif que le breton serait artificiel et non légitime, créé qui plus est selon un idéal crypto-nazi. Ce faisant, elle s'associe à une organisation qui a pratiqué en pire ce qu'elle reproche au breton unifié et à ses inventeurs. Car si le breton unifié s'est imposé aux minorités dialectales brittophones, en revanche le français standardisé a supplanté les langues d'oïl mais aussi d'oc et de quantités de colonies qui n'avaient aucune vocation à parler cette langue.
Cette arme impérialiste aussi radicale qu'efficace dont les effets sont d'ampleur internationale n'a pas encore été l'objet d'une critique en bonne et due forme de la part de Françoise Morvan. On n'a pas lu de condamnation enflammée de sa part sur le sort fait aux langues occitanes ou picarde, pas plus qu'au tahitien ou au basque. Donc, si l'on en croit ses dires, le breton unifié n'est pas légitime dans la partie historique de Bretagne parlant les patois bretons. Sa superficialité suffit en effet aux yeux de la polémiste à justifier cette affirmation, tout comme l'existence du gallo rend caduc tout apprentissage du Breton à l'est. La cohérence aurait voulu que si le breton unifié ne trouve pas de grâce à ses yeux car jugé artificiel et politique, le français standardisé devrait trouver en Françoise Morvan une opposante résolue à son
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introduction en Bretagne brittophone ou gallèse: ne s'agit il pas là aussi d'une imposition encore plus artificielle et illégitime dans la mesure ou la proximité entre le breton unifié et les patois breton est plus grande qu'entre le français standardisé et ces mêmes patois bretons ? Cette amnésie indique qu'en réalité Françoise Morvan a un double discours à vocation d 'agitation et de propagande.
Le fait que toutes les langues du monde se soient unifiées laisse indifférente Françoise Morvan. Le turc unifié et écrit en caractères romains promu par le très laïc et franc-maçon Kémal n'a pas encore fait l'objet d'un livre de notre grande conscience des peuples. Ce serait en effet tirer sur un collègue jacobin qui a puisé dans la Révolution française ses recettes personnelles. Comme quoi, on sait transiger, quand on veut. Une fois passé ce premier examen des positions de Françoise Morvan, on en retire que la base de son argumentaire est l'artificialité de la langue et de la culture bretonnes. Une artificialité qu'elle ne décèle pas dans le français ou la culture française. Pour la bonne et simple raison que le français est une langue politique et civique et que Françoise Morvan adhère à l'idéologie soutenue par la langue de la Révolution française. Elle accuse pourtant les nationalistes bretons de vouloir utiliser la langue bretonne comme une langue au service d'un projet politique. Ce qu'elle soutient en France, elle le reproche en Bretagne dans une posture schizophrénique assez incroyable. Par ordre d'adhésion et de grandeur, Françoise Morvan devrait donc s'inquiéter de la dérive française existante depuis deux siècles consistant à imposer, au nom d'une certaine idéologie, une langue uniformisée illégitime. N'est-elle pas concernée en priorité, en tant que patriote et nationaliste française, par ce problème moral ?
Surfant sur cette vague d'artificialité et de reconstruction factice supposées, Françoise Morvan évoque un complot ourdi par le patronat breton pour créer des produits bretons bénéficiants d'une bonne visibilité. C'est "le business ethnique". Pour elle, le pâté Hénaff est un pâté "ethnique", voire carrément un pâté nazi. Poussons plus loin et le cyber-fest-noz devient un ressucé du Congrès de Nuremberg, la coiffe bigoudène l'équivalent d'un uniforme SS, la crêpe un instrument au service du racisme d'état. Les bagadou certainement soupçonnés d'être proches d'une nouvelle version des jeunesses hitlériennes à tambours et enfin TV Breizh une intolérable Pravda, journal créé par Trotski rappelons-le, le père spirituel du lambertisme qui taraude la Libre Pensée.
Donc, c'est entendu, l'image de la Bretagne est une vaste entreprise d'intoxication commerciale. Le scandale est paraît-il immense, invraisemblable. Le crime ? Vendre une bière "bretonne" estampillée "produit en Bretagne". On n'a pourtant pas, et il s'agit de la vraie patrie de Françoise Morvan, entendu celle-ci critiquer le fait que les Français usent et abusent de la "French Touch" pour vendre ceci ou cela. On ne l'entend jamais hurler contre le "champagne ethnique" de Reims (inventé par des moines réactionnaires, horresco referens), la "baguette ethnique", le béret "ethnique", les écharpes Hermès "ethniques", les sacs Louis Vuitton "ethniques", le Jean-Paul Gauthier "ethnique", le tout pourtant unanimement vendu à l'étranger comme "pur produit français", voire même "Produits en France". Lorsque le beaujolais coule à Tokyo, on n'entend pas Françoise Morvan se fendre d'un article dans le journal "Libération" du capitaine d'industrie Rothchild (comme récemment au sujet de la "Breizh Touch") pour dénoncer une entreprise commerciale aux relents vichyssois. Condamner les manipulations du capitalisme dans un journal tenu par la grande figure historique du capitalisme français tant honnie par le marxisme, voilà qui laisse goguenard et qui suscite la suspicion tant cela paraît énorme. Si Françoise Morvan est d'origine bretonne,
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elle doit bien avoir une ou deux gouttes de sang marseillais : sous sa plume on pourrait imaginer Doriot devenant l'inventeur de la guerre psychologique autour de la réputation de la "cuisine française" à l'échelle mondiale aux fins de glorifier la race franque, Joël Robuchon, nostalgique de la LVF et partisan de "l'Europe Nouvelle", Dior organe inspiré par le Parti Populaire Français. Une nouvelle fois le deux poids deux mesures, marqué du sceau de l'hystérie, frappe l'esprit et oblige à sourire.

Françoise Morvan, amnésique sur l'antisémitisme de la Libre Pensée

Françoise Morvan a bâti son image sur le thème de la vérité. Démasquer les faux semblants des nationalistes, leurs mensonges, leurs ambiguités, leurs oublis volontaires qui seraient autant de pièges tendus au quidam pour lui cacher leur véritable projet: exciter le racisme séparatiste pour le profit du capitalisme américain et allemand. Bref tous les fantasmes chauvins issus de la Révolution française autour du thème "l'ennemi de l'intérieur et l'ennemi de l'extérieur". Même si le registre date et s'il ne fait plus recette, Françoise Morvan a rejoint le camp politique le plus hostile à celui qu'elle soutenait jusqu'alors selon un classique processus de rejet.
Ce faisant elle devint l'égérie d'un Grand Orient de France admirateur de Robespierre qui, de par ses divers réseaux et associés, lui ouvrît quelques portes médiatiques. La Libre Pensée ou le parti des travailleurs (devenu Parti Ouvrier Indépendant) en font une de leurs références pour étayer leur rhétorique conspirationniste "capitalo-régionaliste". Elle se glisse même à l'Assemblée Nationale grâce à l'établissement jacobin qu'elle dépeint pourtant comme crédité à tort par les nationalistes bretons de radicalisme et de lobbying contre la Bretagne. Une absence de lobbying qui explique certainement la dite conférence au Palais Bourbon. Ses prises de parole sont toujours un moment un peu triste ou l'on assiste, comme au cirque, à une mise en scène ou un public de nostalgiques extrémistes jubilent devant cette "Bretonne repentie à l'air abattu" dépeignant le tableau dantesque d'un complot mi-breton mi-nazi piloté par la CIA. Souvent hésitante, prise de bégaiements, la voix chétive, elle souffre d'un grave manque d'assurance qui illustre une personnalité fragilisée psychologiquement, comme torturée par quelques expériences de la vie malheureuse. Il faut le dire, Françoise Morvan fait d'une manière générale plus de peine qu'autre chose et on a le sentiment d'un immense gâchis, celui aussi d'avoir à faire à ce Breton francisé si typique, si complexé qui s'évertue comme les Africains colonisés d'hier à hurler leur francité avec une naïveté touchante. Peu importe, comme au spectacle, le public a payé son siège et en a eu pour son compte. Françoise Morvan n'a pas à forcer la note pour satisfaire ce segment de marché rassemblant vieux marxistes autodidactes, jacobins robespierristes louches, nationalistes cocardiers paranoïaques et francs-maçons vieux garçons. Elle reprend la légende dorée créée par les staliniens en 1944-45. Une extrême droite raciste, antisémite et réactionnaire, qui se couche devant l'occupant et accouche logiquement de Vichy. En miroir, une gauche démocratique et humaniste sacrifiée sous la botte de la violence fasciste, ou crypto-fasciste, puis qui par la grâce de la dialectique ou de Saint Marat se redresse et libère la France dans l'enthousiasme général. Que l'assemblée ayant voté les pleins pouvoirs à Pétain fût de gauche s'évapore comme par magie dans ce ravalement de la mémoire historique morvanesque. Se targuant dans ses articles de "faire la lumière" là ou les manipulateurs autonomistes font de l'ombre, Françoise Morvan se garde cependant d'évoquer les travers qui existent dans sa famille politique mais qu'elle ne cesse de souligner
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chez les cadres historiques de l'Emsav.
Que le chef de la Libre Pensée à laquelle elle appartient, un certain Lorulot, produise dans son oeuvre tous les poncifs de l'antisémitisme de gauche n'a jusqu'à présent pas excité sa curiosité, pourtant visiblement très développée. Elle fait même de "l'Heure bretonne" un journal "radicalement antisémite". Qui se donne la peine de lire quatre années de parution de ce titre comptera sur les doigts d'une main les blagues de mauvais goût sur la communauté juive (ce
qui est déjà trop naturellement) et qui ne pèse pas un millième de la haine farouche pour l'Angleterre qui s'y répand. Des blagues antisémites que le même Lorulot produit lui avec ardeur et assiduité dans des ouvrages aux titres douteux. Là où madame Morvan montre complaisamment une pauvre caricature antisémite visible dans "l'Heure bretonne", elle se fait d'un mutisme assourdissant sur les mots d'esprits du chef historique de sa mouvance qui alla jusqu'à publier des bandes dessinées complètes évoquant la vie du "Juif Jésus" (authentique) avec "son nez en quart de brie"(sic). Pourtant Françoise Morvan nous l'assurait, l'antisémitisme était exclusivement nazi et d'extrême droite, donc autonomiste puisque c'est désormais connu, le Breton qui ose ne pas se dire français est un nazi en puissance et nécessairement de droite, extrême de surcroît.

Faisons nous aussi "la lumière" sur ce que Françoise Morvan cache à dessein. Le libre penseur A. Hamon se livre dans plusieurs textes à une débauche d'attaques contre les Juifs, ainsi peut on lire sous sa plume "Les temps sont proches où les Juifs devront craindre la juste colère des Aryens" (A. Hamon et Georges Bachot, L'agonie d'une société. Histoire d'aujourd'hui. Paris, Savine 1889). Il poursuit "Cet accaparement de toutes les forces des nations par la race hébraïque ne peut être l'effet du hasard." et plus loin "Dans ce milieu bourgeois, le Juif s'est alors introduit flattant les uns, insultant les autres, se servant de quelques-uns et volant tout le monde. Parti de rien, il arrive à tout dominer.". Un autre libre penseur fameux, Eugène Gellion Danglar, fait lui aussi dans la glorification de la race que Françoise Morvan passe son temps à décrire comme l'apanage des nationalistes bretons: "La race rejette les doctrines qui lui sont étrangères et ennemies, et tendra désormais de plus en plus à reconquérir sa pureté originelle.(Source principale : L'antisémitisme de gauche au XIXème siècle. Marc Crapez. Éd. Berg, Paris. 2002).
Mais ces membres éminents du groupe politique auquel appartient Françoise Morvan ne font que reprendre un discours tenu par le chef historique de la Libre Pensée : André Lorulot. Il assène sans sourciller dans son ouvrage Le catéchisme du parfait mouton, "Le sémite n'est point fait pour la civilisation". Dans un autre il poursuit "Il n'est pas superflu en nous reportant dix ans en arrière de nous rappeler l'attitude et les paroles de certaines fractions très avancées des partis politiques de l'époque. Avec quelles tirades enflammées, avec quels programmes chambardeurs n'est- on pas parvenu à embrigader la masse ouvrière et à la pousser en avant pour sortir du bagne un grand capitaine, juif et millionnaire (...). (Fusilleurs et fusillés, 1911). Reprochant à certains nationalistes bretons comme Olier Mordrel d'avoir promu l'eugénisme dans son programme SAGA, François Morvan tient à souligner le lien consubstantiel entre cette théorie et le nationalisme breton, par essence d'extrême droite. Le chef historique de sa mouvance, le même Lorulot, avance pourtant le plus naturellement du monde: "Il faut enseigner aux hommes qu'ils n'ont pas le droit de créer plus d'enfants qu'ils ne peuvent en élever raisonnablement. Il faut leur dire que c'est un crime que d'imposer la vie à de futurs malheureux ou à des malades, à des souffreteux.
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Les lois de la sélection humaine consciente doivent être étudiées et répandues (...)”.(L'Église et la guerre. André Lorulot 1932).

Enfin si l'on en croit Françoise Morvan, le mouvement breton est tout aussi évidemment réactionnaire contrairement aux libre penseurs défenseurs du Progrès Humain. Pourtant Lorulot, toujours lui, n'est guère féministe: "la Femme est avant tout dominée par le désir de paraître ; elle vit pour la galerie. N'ayant guère de vie intérieure, sa préoccupation essentielle consiste à briller, à être admirée. Elle tient compte, avant tout, de l'opinion des autres, et c'est cela qui caractérise le parfait mouton. (Extrait du Catéchisme du parfait mouton. André Lorulot. Ed L'Idée Libre, Herblay). On attend avec impatience le prochaine ouvrage de Françoise Morvan sur "La République comme si" avec toutes ces utiles et nécessaires précisions...
Pour Françoise, toutes les collaborations ne sont pas bonnes à dire Dans un texte mineur intitulé "la Résistance bafouée", elle reproche, entre autres, à l'ouvrage dédiée aux nationalistes/autonomistes engagés dans la résistance de Jean-Jacques Monnier sa trop grande compréhension envers les remarques antisémites de quelques fédéralistes de gauche avant et pendant la guerre et évoque une réhabilitation aussi perverse que dangereuse. Car pour une pseudo- historienne comme Françoise Morvan qui vole de raccourcis en demi-vérités, l'amalgame entre hostilité envers les Juifs et Résistance est une évidence. On ne l'entend pourtant pas se dissocier avec vigueur des doctrinaires de la Libre Pensée qui furent eux, non pas les petits et mauvais auteurs de 2 ou 3 calembours sur les Juifs, mais des antisémites fanatiques de première catégorie qui collaborèrent allègrement. Son intransigeance ne s'applique en effet qu'avec parcimonie.
Par ailleurs l'histoire manichéenne vendue par Françoise Morvan à son public ne passe pas le stade de l'analyse historique sérieuse. Si elle a le mérite de lui assurer de bonnes rentes en répondant à la demande d'un public préformaté, l'historien en sera lui pour ses frais. Que font les trotskystes, francs-maçons et libres-penseurs pendant la guerre ? Les exemples sont légion de ceux ayant sombré dans la collaboration. C'est ce que révèle l'ouvrage de l'historien israélien Simon Epstein. Il vit à Jérusalem depuis 1974 et dirige à l'université hébraïque le Centre international de recherche sur l'antisémitisme. En 2001 il publiait chez Albin Michel “Les dreyfusards sous l'occupation”, une étude magistralement informée où il pulvérisait bien des poncifs grâce à la mise en perspective de plusieurs centaines d'itinéraires. On y apprend que l'antisémitisme n'est pas le critère qualifiant pour entrer en résistance, pas plus que la défense des Juifs. Des orateurs connus de la Libre Pensée, comme l'ex-abbé Jules Claraz, ou Sébastien Faure (qui mourra en 1942) sont de virulents collaborateurs. Quant à ceux qu'il appelle les « dreyfusards de combat », ceux qui pendant l'Affaire ont écrit des articles, publié des livres, présidé des meetings ou même se sont battus en duel, tous ceux-là, sans exception, sont devenus maréchalistes ou collaborateurs. Les noms se bousculent: Jean Ajalbert, Camille Mauclair, Félicien Challaye, Anatole de Monzie, Robert Louzin, Hubert Lagardelle, Alexandre Zévaés, Georges Lecomte, Abel Hermant, Paul Brulat, Armand Charpentier, tous fervents dreyfusards, anciens de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH) ou de la Ligue Internationale Contre l'Antisémitisme (LICA, devenue la LICRA d'aujourd'hui). Du même coup c'est la théorie dite « des deux France » qui se trouve invalidée. Il démonte également le mythe d'une droite obligatoirement collaboratrice. Il procède en collectant des milliers de fiches et en élaborant un corpus documentaire qui fournit le socle de toutes ses analyses.
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Une telle méthode ne se prête guère aux vitupérations habituelles et aux hagiographies mensongères qui font la tambouille redondante des militants de la vigilance. On apprend ainsi au fil des pages que Marie-Madeleine Fourcade, Compagnon de la Libération, était avant-guerre secrétaire de rédaction d'un journal furieusement judéophobe, que Pierre de Bénouville, Honoré d'Estienne d'Orves ou Hélie de Saint Marc étaient militants de l'Action Française de Charles Maurras, un parti notoirement antisémite. La Licra fondée par des trotskystes proches historiquement de la mouvance jacobine, compte donc d'illustres collaborateurs dans ses rangs. De la même manière, de nombreux antisémites se retrouvent dans les rangs de la résistance. Tout bonnement car l'antisémitisme ne suffit pas pour définir son adhésion ou non à la résistance et encore moins à la gauche ou la droite. De même que la lutte antifasciste n'est guère un critère suffisant tant sa genèse douteuse impose la suspicion: ce fût une création de la propagande stalinienne censée masquer le pacte de non-agression Molotov-Ribbentropp entre l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques et le IIIème Reich. Il permit en France de faire oublier les 22 mois de collaboration active avec Hitler de la part du Parti Communiste Français, une collaboration qui alla jusqu'au sabotage des avions de guerre français. "A chacun son boche", voilà un mot qu'on entendit pas du temps ou les députés communistes étaient arrêtés pour collusion avec l'ennemi par la IIIème République tant vénérée par Françoise Morvan.
Une collaboration qui, une nouvelle fois, ne semble pas intéresser Françoise Morvan qui nous jure pourtant "éclaircir les zones d'ombres complaisamment oubliées" et glorifie la Résistance (marxiste) par tous les bobards imaginés après guerre et inculqués de force par le monde intellectuel français dominé par le PCF. Françoise, en réalité, a ses têtes. Preuve que ce n'est pas une démarche d'historienne qui l'anime: d'une part parce qu'elle ne l'est pas, deuxièmement parce que les critiques qu'elle adresse aux historiens bretons sur leur complaisance valent largement celle qu'elle manifeste à l'égard de son propre bord politique et qui assurément est d'une toute autre ampleur puisqu'elle implique des individus ayant eu de hautes responsabilités. Si Françoise aime lire les coupures de journaux autonomistes, en revanche d'autres ont visiblement échappé à son champ de vision. On a jamais vu dans ses textes une mise en perspective de la presse nationaliste avec la presse marxiste de l'époque. Le titre du journal l'Humanité du 3 septembre 1939 "Le soldat allemand est un prolétaire en uniforme" est pourtant riche d'enseignements sur les vertus de l'internationalisme et du pacifisme en temps de guerre. Cela aurait certainement permis de relativiser celui ci issu de "l'Heure bretonne": "Ni français, ni allemand, breton seulement !". Il faut dire que Soazig suit en ce sens la méthodologie marxiste définie par la formule simple: "agitation- propagande".

De la défense des profiteurs de la Libération

Les incohérences intéressées de madame Morvan cependant ne sont pas que d'ordre historique. Évoquant selon une vulgate marxiste essoufflée le "néo-libéralisme le plus sauvage des grands patrons d'industrie en Bretagne", elle reprochait à Ouest-France son silence en de nombreuses occasions, voire sa coopération avec le "complot capitalo- régionaliste", notamment lors d'un communiqué d'une association d'anciens combattants communistes et résistantialistes au sujet du "Groupe Liberté" de Saint-Nazaire. Un groupe de résistants que l'on trouvait visiblement encore trop nazi (car nationalistes bretons, c'est l'évidence), même s'il combattait les Allemands aux côtés des Anglais. C'est d'ailleurs là un exemple de grand
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style de la désinformation dont sont capables les trotskystes-lambertistes : à les en croire le seul peuple a produire des nazis luttant contre le nazisme est le peuple breton. A la décharge des intéressés, il est connu que la recherche de la vérité n'a jamais été le fort des communistes, ni de leurs compagnons de route. La preuve est qu'ils louvoient toujours sur leur bilan chiffré: 100 ou 200 millions de morts, le PCF comme les trotskystes hésitent encore.

Bref, Françoise Morvan voyait dans le mutisme d'Ouest-France vis à vis de ce communiqué la marque d'un complot allant de l'institut de Locarn, fer de lance du "business ethnique", jusqu'à la rédaction du "grand" quotidien "de l'ouest". C'était là donner un exemple rare de schizophrénie puisqu'on apprenait quelques mois plus tard que la même Françoise Morvan, et selon un processus que nous expliquerons en détail, "corrigeait anonymement" pour la maison d'édition Ouest- France le livre du profiteur de la Libération Henri Fréville, plus tard maire de Rennes, au sujet de la "Bretagne dans la guerre".
Nous allons voir que l'anonymat était d'autant plus impérieux que le nom de l'auteur des notes soulèverait de sérieux doutes sur l'impartialité et les compétences d'historienne de la "correctrice" et que cette discrétion devait masquer un patient travail de désinformation opéré à grande échelle par le journal Ouest-France. Il faut croire par ailleurs que les indignations et supputations de Françoise Morvan sur ce complot médiatique étaient autant d'effets de manche auxquels elle ne souscrit pas en privé, ou du moins qu'elle sait habilement taire, pour peu qu'on la rétribue correctement et qu'on lui accorde une certaine reconnaissance. Françoise Morvan devra nous expliquer comment elle peut à la fois décrire un complot régionaliste auquel prendrait part Ouest-France et dans le même temps collaborer activement avec la filiale d'édition de livre dudit journal. On en viendrait presque à évoquer de la confusion mentale, ou de la manipulation.

Nous produirons prochainement une étude complète sur la genèse d'Ouest-France et sur l'incroyable hold up aux conséquences toujours d'actualité que deux membres de la "résistance" (toute bureaucratique et très peu militaire), Henri Fréville (auteur du livre "Archives secrètes de la Bretagne") et Pierre-Henri Teitgen, ont opéré pour leur propre compte et celui du nouveau pouvoir politique. Un hold up qui consista à s'emparer d'Ouest-Eclair sous la justification fallacieuse et produite à dessein qu'est l'accusation de collaboration. Une collaboration dont Françoise Morvan s'est proclamée spécialiste, passée qui plus est maîtresse dans l'art d'écrire des actes d'accusation, et pour peu qu'on la rémunère, prête à légitimer indirectement l'épuration y compris dans sa phase la plus affairiste. Il était donc logique qu'une militante acharnée du jacobinisme, ayant écrit de nombreux articles ne relatant qu'une part de la collaboration et ayant pris position contre les revendications bretonnes, se retrouve nommée correctrice de l'oeuvre d'un homme qui dans une superbe inversion accusatoire justifia lui aussi, a posteriori et grâce à la publication d'archives préalablement expurgées, sa fulgurante ascension professionnelle en dénonçant les menées des "collaborateurs autonomistes" qui s'avéraient surtout être gênants.
Une ascension rendue possible après un deal passé entre gaullistes et communistes staliniens sur la répartition des postes à Alger en 1943. D'où le souvenir pieux et totalement factice promu depuis lors par Ouest-France autour d'une résistance idéalisée jusqu'au ridicule pour dissimuler les acquisitions douteuses de prébendes découlant du coup d'État gaullo-communiste.
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Le leitmotiv étant qu'on pose moins de question à un voleur si ce dernier assure que son larcin a été perpétré contre un voleur pire encore, le chantage à l'antisémitisme, au racisme et au fascisme devenait un commode et rémunérateur procédé de désinformation pour qu'on ne pose pas trop de questions. La cohérence voulut enfin que ce fusse l'objet même de ce hold up fascinant qui lança l'opération dite de "correction des notes", à savoir le journal créé par Fréville avec la collaboration résolue de Pierre-Henri Teitgen. Cette providentielle nomination de Françoise Morvan aux éditions Ouest-France fût des plus judicieuses car elle permettait de délivrer une vision bien plus noire des gêneurs que l'on fît opportunément disparaître pour le profit de familles aujourd'hui toujours aux commandes d'une florissante entreprise de presse d'une valeur de plusieurs centaines de millions d'euros.
Une entreprise de presse obtenue il est vrai avec un ministre de l'information véreux, Teitgen, qui saisit un journal, Ouest-Éclair, au nom de l'État français, mais dont il racheta les biens pour une fort modique somme et pour cause: il en était le propriétaire au nom du gouvernement et fixait lui même les prix. Comme dit le dicton, "on est jamais si bien servi que par soi même". Teitgen ministre engraissait Teitgen patron de presse au détriment de l'État conformément au deal passé, "entre amis" sous le soleil algérien.
Ce scandale fût dénoncé par le président de l'association des déportés et internés bretons, résistant émérite et président d'honneur de la cour d'appel de Rennes, Émile Kérambrun. Teitgen remercia ce résistant désintéressé, qui s'engagea dès 1940, par une attaque en justice, une attaque par ailleurs perdue. Kérambrun comprit que le coup fût monté depuis Alger en 1943 et que le tandem de résistants Fréville-Teitgen réalisa ce pourquoi il était venu, c'est à dire se remplir les poches de manière durable et enrober le coup d'État d'un semblant de légitimité populaire par voie de presse.
Si, sur le terrain, des hommes risquèrent leurs vies, la plupart des "résistants de haut vol" n'eurent jamais d'autre effort à fournir que d'être à l'heure dite à l'endroit convenu pour prendre la relève des gêneurs préalablement engeôlés pour "collaboration". Avec des libérateurs comme ceux là, plus besoin d'occupants... Le si décrié Roparz Hémon occupait quant à lui un poste enviable à la Radio de Rennes, radio à la tête de laquelle Teitgen s'empressa de s'auto- bombarder président, sans autre procédure que celle de le dire. On comprend que le pauvre père du breton moderne n'eut pas les grâces de tout ce que la Bretagne compte de réseaux jacobins: un brigand n'admire généralement pas le quidam qu'il dépouille.

Ces "arrangements" entre amis aboutirent à l'emprisonnement des propriétaires d'Ouest-Éclair, pas du tout autonomistes et encore moins "fascistes", qui subirent en plus de leur spoliation une magistrale "peine à l'indignité nationale" et une peine de prison de courte durée mais suffisamment longue pour conclure l'affaire. S'ils étaient devenus indignes, leur patrimoine, lui, semblait suffisamment propre pour qu'on s'en empara, mais tout à fait républicainement, soyons en convaincus.
Françoise Morvan: "Ouest Touch pas au grisbi ! " Françoise Morvan s'avère donc elle aussi touchée par cet appât du "grisbi" dont elle accuse de manière récurrente le patronat breton censé instrumenter le milieu culturel et politique. Elle sait, mieux que les comploteurs "régionalistes" tant honnis, monnayer ses colères pour le profit sonnant et trébuchant d'une entreprise de presse hégémonique qui applique avec servilité les directives du gouvernement qui le rétribue depuis 64 ans. Une entreprise (aux statuts associatifs, mais lucratifs quand
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même!) qui grâce à la transmission de son patrimoine par primogéniture a su préserver son caractère familial , d'aucun diront d'ancien régime, avec le soutien politique aussi champêtre que paradoxal de Françoise Morvan et de nos marxistes de la Libre Pensée, du PT ou du Grand Orient qui sont pourtant censés vomir le "patronat patriarcal tendance vieille France" par tous leurs pores.
Françoise Morvan, pour reprendre le mot de Lénine, ressemble donc de plus en plus à "une idiote utile" au service de la stratégie d'expansion des capitaines de l'industrie médiatique de "l'ouest", ce qui est somme toute classique tant les trotskystes sont connus pour être instrumentés par la classe dominante. Cependant si cela est logique, c'est également risible tant la rhétorique de la polémiste repose sur une condamnation du grand capitalisme. Ce n'est après tout que la deuxième collusion avec un organe de presse tenu par des membres de l'oligarchie française, après celle déjà évoquée de Libération-Rothschild. Cette industrie qui participe à son niveau à la création d'une fantomatique région "ouest" qui serait composée d'autant de dociles consommateurs de feuilles de choux chargées d'intoxiquer les masses selon les exigences de la caste au pouvoir dans un esprit similaire à ce qu'elle pratique depuis 1944. Oligarchie servie avec zèle et talent par le très conformiste François-Régis Hutin, PDG de Ouest-France selon une tradition filiale bien établie. Car il est plus facile de manipuler des "ouestitis" que de manoeuvrer un peuple socialement et identitairement conscient comme un peuple breton libéré.

Voilà donc cette Françoise Morvan qui n'hésite pas à dénoncer la collusion entre "régionalisme de gauche" et libéralisme "locarnien", se retrouvant au coeur d'une campagne de désinformation menée techniquement par Ouest- France dont l'objectif est le dénigrement systématiquement de tout défenseur politique de la Bretagne émancipée, passé ou présent, une campagne qui a la caution de la droite dure sarközyste et du grand patronat.
Un processus qui s'explique par l'identité complète de vue que partagent le gouvernement de droite libérale et la technocratie française jacobine sur la nécessaire émergence de cette entité administrative d'un nouveau genre qu'est la "région ouest", région dont est partisan François Fillon et qui présuppose la disparition de la Bretagne organisée, a fortiori de ses défenseurs. Une entité préfigurée par la future chaîne régionale "Ouest" créée sur ordre d'un grand homme de la gauche prolétarienne, Nicolas Sarkozy, qui lui n'a que l'intérêt du peuple en tête, nous pouvons en être sûrs et Françoise également. Entre confusion mentale, schizophrénie, désinformation marxiste, amnésie sélective, justification d'escroquerie, croisade bidon contre le néo-libéralisme, le tout sur fond de collusion entre ligues jacobines, empire médiatique intéressé et grand patronat français atlanto-libéral, Françoise Morvan n'est guère qu'un artifice idéologique, une diversion, au profit du maintien de la Bretagne dans la soumission, que cela soit au niveau social, culturel ou économique. Cela intervient à un moment ou électoralement la Bretagne apparaît de plus en plus clairement en rupture avec le reste de l'hexagone. Cela se manifeste par une volonté renouvelée de solidarité communautaire comme l'indique l'ancrage marqué à gauche et au centre des électeurs. Le projet social breton rencontre donc clairement la défiance du système et se voit par conséquent attaqué tant par le haut, grâce aux médias de masse, que par le bas avec de soit disants éléments progressistes-étatistes qui ne sont en réalité que de grossiers groupuscules instrumentés pour circonvenir l'aspiration bretonne à la liberté. Voilà un cas d'école.
Maël Rannou


Posté le 29/07/2008 par le réseau Jord


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