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La forfaiture du « Vivre Ensemble », par Jean-François Barbezieux
Posté par Novopress dans Culture, Entretiens, Politique le 14 octobre 2010 |


Le concept de « vivre ensemble » est abondamment utilisé aujourd’hui par la classe politico-médiatique. Pas une bibliothèque, pas un stade, pas une école qui ne soient édifiés pour « améliorer le vivre ensemble ». Tout récemment encore Jean-Marc Ayrault, député- maire de Nantes et président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, rappelait que le « vivre ensemble » est le fondement sa politique municipale. Cette affirmation répétée jusqu’à l’obsession ne serait-elle pas en réalité l’expression du malaise profond qui touche aujourd’hui la société française ? NOVOpress Breizh a posé la question à Jean-François Barbezieux, docteur en philosophie. Voici sa réponse.


« Vivre ensemble », des antagonismes ethniques et identitaires qui ne veulent pas dire leur nom
Apprendre à « Vivre ensemble », dans le vocabulaire moderne, signifie que rien ne va plus et que les conflits sont permanents. Ainsi Jean-Marc Ayrault, le député-maire socialiste de Nantes, y va, dans le dernier numéro du bulletin municipal Nantes Passion, de son couplet pacificateur. Il n’est pas le seul. Les associations Vivre Ensemble se multiplient dans tous les départements, suscitées par des élus de tous bords, y compris en Bretagne.

Le sociologue Hugues Lagrange vient de proposer une analyse des motifs et des mobiles qui conduisent partout à des antagonismes ethniques et identitaires qui ne veulent pas dire leur nom, ou dont le nom fait peur. Son livre Le déni des cultures (Le Seuil) est introuvable ici et là, tant le bouche à oreille lui vaut de lecteurs. Diagnostic sans appel : le clivage capital/travail a perdu tout pouvoir explicatif ou descriptif des divisions sociales contemporaines ; seuls les clivages identitaires et culturels permettent d’examiner et de comprendre des conflits devenus majeurs à l’intérieur des sociétés européennes.

Où est la cause ? Les mouvements Vivre Ensemble sont d’accord avec les réactionnaires les plus violents, et souvent les plus indigents, pour désigner l’immigration comme phénomène essentiel. Les premiers veulent s’en dépêtrer par une pacification charitable, et les seconds par une polémisation exacerbée. Irénisme futile, contre bellicisme sans dénouement. Le travail de Lagrange montre, quant à lui, combien l’obstacle n’est pas ethnique, relatif aux apparences, mais bien culturel, c’est-à-dire relatif à des manières de vivre, de dire, de penser, d’aimer, d’exister, de respecter ou de maudire. L’immigration massive en est la conséquence, pas la cause.


Le rêve onusien
Il ne viendrait à l’idée de quiconque, né breton ou auvergnat, de s’estimer chez lui dans un m’bwiti gabonais ou un vaudou haïtien, ou même de débarquer à Ouagadougou en y réclamant des subventions et un logement climatisé. C’est que quelques restes d’identité européenne fonctionnent encore. A l’inverse, si des immigrés, notamment sahéliens, majoritaires dans le panel des procès-verbaux de police judiciaire examinés par Lagrange, revendiquent leur égalité ici, loin de chez eux, loin des lieux où s’exprime librement – car partagée – leur manière de vivre, c’est que l’identité européenne est à ce point érodée dans la perception qu’ils en ont, qu’ils trouvent normal d’installer leurs mosquées à l’ombre du tombeau des rois de France, ou de décrocher des allocations auprès de guichets sociaux auxquels ils n’ont rien cotisé.

La France, colonie de ses anciennes colonies ?
Ainsi les fondements culturels de l’identité sont-ils majeurs, relativement à leurs fondements naturels, qui restent de portée mineure. L’anthropologue Claude Lévi-Strauss, disparu voilà près d’un an, l’avait dit et redit. En vain. Lagrange le confirme maintenant par ses études de terrain. La politique des Vivre Ensemble, c’est un mépris poussé au paroxysme à l’égard des différences culturelles, au point de refuser qu’elles s’expriment. Vivre Ensemble, c’est le triomphe d’une conception post-catholique, numérique, individualiste et mercantile des rapports sociaux dont les effets sont visibles et lisibles au Liban ou aux Etats-Unis. Le risque ? Vladimir Poutine le disait en 1995 à l’agence Tass : « La France deviendra dans moins de vingt ans la colonie de ses anciennes colonies. » Question de nombre et de mœurs. Il reste cinq ans à attendre.

A attendre ? C’est ce que souhaitent les mouvements Vivre Ensemble. Mais le pire n’est jamais sûr, jamais acquis par avance. La prochaine élection présidentielle se jouera très probablement sur ce thème. Si une pression politique en faveur d’une désuniversalisation des droits n’apparaît pas, alors le pronostic de Poutine risque de livrer une prophétie réaliste. Les droits universels sont la racine même du polemos qui oppose l’Europe à ses anciennes conquêtes et colonies. C’est une vieille religion dont l’histoire récente n’a cessé de souligner l’inanité. Un droit ne vaut que s’il est garanti sur une terre donnée par un pouvoir donné. Un droit universel supposerait l’existence, souhaitée par beaucoup de capitalistes sauvages, d’un pouvoir universel à exercice planétaire. Un tel pouvoir n’existe pas, quoi qu’il en soit de certains rêves onusiens qui rejoignent ceux de Joseph Staline. Ernst Jünger en avait craint le spectre, et l’avait vu de long temps se profiler à l’horizon (L’Etat Universel, 1960). Tel est bien le cancer qui nous ronge. La béatitude de son acceptation n’est pas une thérapeutique, loin de là. D’autant que le polemos qui nous oppose – tout comme les Etats-Unis – à l’Islam est bien là : dans la revendication, chez nous, d’un droit universel, opposé à une religion islamique qui elle-même souligne sa vocation universelle. Les deux sont incompatibles sur le même terrain. C’est la signification symboliquement forte de la destruction des Twin Towers de New York en septembre 2001.


La Déclaration des Droits : aux sources de l’universalisme français
Si le polemos et sa pente belligène ont encore une chance d’être contournés, c’est seulement dans un mouvement de rupture radicale avec leur disposition. Force est de constater que c’est en renonçant à l’universel, et à cette condition-là seulement, que l’affrontement guerrier pourra être évité entre deux cultures incompossibles et immiscibles. Il est possible qu’il soit trop tard, que la France et les Français soient incapables de renoncer à l’Universalité proclamée par leur Déclaration de 1789, et reprise par la Déclaration Universelle de 1948 au mépris du droit des gens d’ailleurs. Il est possible que la France ne soit plus révolutionnaire et tremble de proclamer, face aux mal-comprenants dont elle fut, la particularité des droits de chacun, reflet de la particularité des mœurs, des histoires et des institutions. Il est possible, en résumé, que la France soit incapable d’elle-même.

Si tel est le cas, il est aussi possible que l’affrontement guerrier ne puisse être évité. Et si telle est l’occurrence, alors il appartient aux gouvernants d’une politique nationale responsable de faire en sorte que le processus belligène qui adviendra entre les parties ne soit pas armé d’un seul des deux côtés : celui de l’ennemi. Ce serait laisser femmes, enfants et institutions sans protection, et le champ libre à qui voudra le prendre : ce que le droit – notre droit – désigne par les expressions forfaiture et haute trahison. On a vu se réunir des Hautes Cours, et des guillotines astiquées et affûtées, pour beaucoup moins que cela.

Jean-François Barbezieux

[cc] Novopress.info, 2010, Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine [http://breizh.novopress.info/]



Posté le 15/10/2010 par le réseau Jord


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