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Imposture anti raciste :: Guillaume Faye


Monsieur Faye, Quel fut votre rôle au sein de la Nouvelle Droite ou du GRECE ?

Guillaume Faye : Je fus de 1970 à 1986 un adhérent puis l’un des dirigeants de l’association GRECE, réputée avoir été un des centres intellectuels de la « nouvelle droite » ou de l’ « extrême-droite », selon ses diverses appellations journalistiques, termes auxquels je préfère celui de « nationalisme identitaire européen ». J’étais même le numéro deux du GRECE, étant à l’époque « Secrétaire Etudes et Recherches » de cette association. Aujourd’hui, cette « nouvelle droite », comme le GRECE, ne sont plus que l’ombre d’eux mêmes et ont abandonné le combat identitaire. Ils ont abandonné toute idée de défense de l’identité européenne et, en faux rebelles, avides de se faire (évidemment en vain) reconnaître par le système, ils s’alignent totalement sur les positions de l’extrême-gauche et du Monde Diplomatique, par exemple : islamophilie, tiers-mondolâtrie, silence radio sur l’immigration (stratégie d’ « évitement » : surtout ne pas parler de ce qui choque) anticapitalisme sommaire, anti-américanisme rabâcheur et inefficace, antisionisme affligeant, tapageur et haineux, etc.

2/ Par ailleurs, vous avez été un grand journaliste-humoriste, notamment dans le Groupe Filipacchi et en tant que Skyman, la vedette de Skyrock des années 80, puis vous avez disparu. Comment expliquez-vous cette disparition soudaine ? Est-ce vrai que des anciens « camarades » du GRECE ne seraient pas étrangers à votre diabolisation ?

Guillaume Faye :

Il y eut le mélange de plusieurs choses : de 1980 à 1986, j’ai publié un certain nombre de livres politiques et idéologiques (1) La situation était fort différente de celle d’aujourd’hui et mes idées ont énormément évolué. Puis, à partir de 1986, pris par ce que les Romains appelaient la vis comica, j’ai plongé dans le show-business : radios, télés, cinéma, musique, presse spécialisée, etc. Je bossais sous pseudo, évidemment. J’ai aussi écrits des livres un peu légers (2). Cette période m’a beaucoup appris car, à l’inverse des intellectuels parisiens qui jugent le monde depuis les rayons de leur bibliothèque, j’ai pris l’habitude d’aller au cœur des choses. En 1998, mû par un démon intérieur (on ne se refait pas) je me suis remis à écrire des ouvrages idéologiques (3) et à donner des conférences. Et là, en 1999, des petits malins, qui ne peuvent évidemment provenir que de l’ancien milieu où j’étais auparavant, ont discrètement fait savoir à mes employeurs qui j’étais vraiment, par pure jalousie. Ces derniers ont alors cessé de me faire travailler. On ne nourrit pas le diable… Pour m’en sortir, j’ai fondé ma propre revue mensuelle, J’ai Tout Compris — dont la nouvelle formule s’appelle aujourd’hui Signal d’Alarme (4) — et, en stakhanoviste, j’ai multiplié les bouquins, les articles et les conférences idéologiques.

3/ Depuis votre « retour » au sein du débat dans les cercles de pensée de Droite, vous ne cessez de dénoncer la dérive pro-arabe, antisémite et pro-islamiste, voire même tiers-mondiste de la Nouvelle Droite et de vos anciens amis du GRECE. Qu’en est-il ?

Guillaume Faye :

J’ai quitté le GRECE et la Nouvelle Droite dès 1986 parce que je sentais déjà très bien cet infléchissement idéologique. Depuis, la polémique avec eux ne cesse d’enfler. Précision importante : la plupart des anciens dirigeants du GRECE ont fini par faire la même analyse que moi et ont quitté cette structure qui n’est plus regroupée aujourd’hui qu’autour de l’écrivain Alain de Benoist et de sa cour, dont les positions actuelles sont absolument les mêmes que celles de Dieudonné ou des mollahs fous iraniens. Je précise que ledit Alain de Benoist, oubliant tout honneur, est allé jusqu’à me traiter dans la presse italienne de « super-raciste » (revue Area, mai 2000). C’est l’hôpital qui se moque de la charité. Il a choisi son camp, celui du politiquement correct, de la vulgate, de l’analyse indigente, du recentrage courtisan. Et le pauvre n’est même pas invité dans les salons parisiens ni dans les rayons des librairies. Il me semble — et j’y reviendrai plus loin — que ces gens ont une mentalité de collabos. Comme s’ils pressentaient l’arrivée des futurs maîtres. Ils ont déjà une attitude de dhimmis, de « soumis ».

Aujourd’hui, je travaille en étroite association avec d’anciens membres de la Nouvelle Droite qui l’ont quittée comme moi et qui ont monté des réseaux et des cercles d’influence culturelle et idéologique dans toue l’Europe, de la Russie au Portugal, ainsi qu’aux Etats-Unis et au Canada. Et je prépare, bien entendu, de nouveaux livres.

4/Avez-vous remarqué dans les nouveaux milieux avec lesquels vous travaillez (ainsi qu’avec le Front National qui vous a invité à plusieurs reprises à parler) une hostilité contre les juifs, des relents d’antisémitisme ?

Guillaume Faye : Non, ce n’est plus vraiment le problème. L’antijudaisme (terme préférable à « antisémitisme ») fond comme neige au soleil dans une très grande partie de ce qu’on appelle l’« extrême-droite ». Bien entendu, il y a d’importantes poches de résistance ; on ne se défait pas en un jour d’une longue tradition antijuive. Et il y a aussi une partie de cette « extrême droite », dont le GRECE (j’y reviendrai plus loin) qui verse dans l’antisionisme virulent, couplé à une « palestinophilie » aigüe. Mais, cette sphère idéologique est de plus en plus isolée dans la mouvance dont je vous parle ; tout simplement à cause du problème massif que posent l’islamisation de la France et la déferlante migratoire. Dans ces conditions, l’antijudaisme est oublié, le Juif n’apparaît plus du tout comme une menace. Dans les milieux que je fréquente, je n’ai jamais entendu ni lu d’invectives antijuives. On rencontre même de nouveau des gens (comme c’était le cas dans les années soixante) qui approuvent et soutiennent la « droite israélienne ». J’essaie de faire comprendre (et mon message finit, peu à peu, par passer) que l’antijudaisme est une position politiquement obsolète, inutile, dépassée, même camouflée sous l’antisionisme. Nous ne sommes plus au temps de l’Affaire Dreyfus. De plus, les antijuifs n’échappent pas à une terrible contradiction : ils semblent mépriser les Juifs mais prétendent que ces derniers dominent le monde. Donc, ils pensent que les Juifs sont une race supérieure ? L’antijudaïsme est une forme de schizophrénie politique, un sorte de philo-judaïsme inversé, l’expression d’un ressentiment. Je ne juge pas l’antijudaïsme d’un point de vue moral ; après tout, on peut être frustré et détester qui l’on veut. Je ne mélange jamais morale et politique. Mais ma position est celle de Nietzsche : taper sur les Juifs ne sert à rien, c’est une passion politiquement stupide et improductive.

5/ Nombre de groupuscules d’extrême-droite qui vous lisent vous accusent par ailleurs d’être outrancièrement pro-américain et « néo-sioniste ». Pourquoi ?

Guillaume Faye :

Ces gens-là sont des hémiplégiques, doublés de menteurs professionnels. Tout d’abord, je n’ai jamais été « outrancièrement pro-américain ». Il suffit de lire mon essai Le Coup d’État mondial , essai sur le Nouvel Impérialisme Américain (qui est un démontage de l’idéologie des néo-conservateurs) pour s’en convaincre. Ma position n’étant pas manichéenne mais stratégique, elle est incompréhensible pour ces exaltés. Je ne suis ni anti-américain, ni pro-américain, mais nationaliste européen. Les USA ne sont nullement le Grand Satan, l’ennemi principal, mais peuvent être, selon les circonstances, selon leur stratégie gouvernementale, un adversaire, un concurrent, voir un jour un allié. Le dogme anti-américain ( j’ai appelé cela l’AAOH, l’ «anti-américanisme obsessionnel et hystérique » ) est, comme tout dogme, impolitique. Désolé, mais je préfère les Mac Donald aux mosquées, les pom-pom girls aux femmes recluses, battues et voilées, les universités américaines aux obscurantistes madrasas islamiques, etc.

Concernant le sionisme, ces mêmes gens qui me traitent de néo-sioniste m’accordent cette épithète tout simplement parce que je ne suis pas, comme eux, un anti-sioniste hystérique, et que je n’éprouve aucune sympathie ni aucun intérêt pour la « cause palestinienne ». Comment pourrais-je défendre un peuple musulman (prétendument « martyr », ce qui se discute) au moment même où l’islam entreprend la conquête de l’Europe ? En quoi le « sionisme » et l’État hébreu menacent-ils l’Europe ? C’est donc aussi ma farouche opposition défensive à l’islam et à la stratégie arabo-musulmane qui explique que ces gens-là, qui sont devenus des arabophiles et des islamophiles énamourés, me traitent de « néo-sioniste ».

Ils ne supportent pas que je refuse le point de passage obligé de l’ « antisionisme ». Comment pourrais-je être « sioniste » puisque je ne suis pas juif ? Et comment pourrais-je être « anti-sioniste » puisqu’à aucun moment, l’idéologie sioniste (à l’inverse de l’islamisme, du communisme, du gauchisme, du droit-de-l’hommisme et du christianisme post-conciliaire masochiste) ne combat ou n’entrave de près ou de loin les idéaux que je défends, c’est-à-dire le maintien de l’identité européenne ? En quoi la disparition d’Israël servirait-elle ma cause ? Penser l’État hébreu comme ennemi est une idiotie géopolitique pour tout identitaire européen.

Le GRECE actuel d’Alain de Benoist (qui n’a plus rien à voir avec celui de ses origines), les groupuscules « nationaux-révolutionnaires » animés par l’exalté Ch. Bouchet et la camarilla de militants d’ « extrême-droite » convertis à l’islam, qui sont tous très liés entre eux, sont en réalité totalement alignés sur les positions du gouvernement iranien, qui les fascinent comme le serpent les moineaux. Pour eux, je suis évidemment l’ennemi absolu.

Voilà comment j’interprète leur raisonnement tordu : au départ, il y a une haine viscérale (à expliquer par la psychanalyse) de tout ce qui est israélien, américain, sioniste. (Attention, je n’ai pas dit que chez tous, c’était là une forme camouflée d’antijudaisme névrotique, voire de référence paranoïaque et onirique au Troisième Reich, mais enfin, chez certains, il y a de ça.). Deuxième mouvement : comme on est antisioniste et anti-américain obsessionnel, on en vient, par passion et simplisme mental, à l’islamophilie, à l’arabophilie, voire à l’immigrationnisme. Ces gens-là finissent donc par s’aligner sur les positions de Dieudonné (qu’ils courtisent activement), et de la sphère d’extrême-gauche pro-arabe. Avec, en plus, un discours tiers-mondiste et anti-capitaliste totalement décalqué sur la vulgate néo-marxiste la plus cul-cul, dont Alain de Benoist est le haut-parleur depuis longtemps dans l’ « extrême droite ». Ce que je trouve assez glauque dans ces contorsions intellectuelles, c’est que ces pseudo-identitaires européens, au nom de leur antisionisme (et pour certains antijudaisme), sacrifient totalement la défense de l’identité européenne et se jettent dans les bras de l’islam, du pro-arabisme, du tiers-mondisme. Ils concentrent tous leurs tirs contre Sion, aveuglés par la haine. La déferlante migratoire sur l’Europe ? C’est, pour eux, inéluctable et, au fond secondaire. L’essentiel est le combat contre l’Hydre sioniste et le Satan américain, coude à coude avec le vaillant Islam. Ils se sont masturbé avec délice sur les déclarations du timbré Amadinehjad.

Le problème est que leurs nouveaux « amis » les considèrent comme des collabos et les méprisent comme traîtres patentés. Je n’envie pas leur sort futur. Pourtant, je soupçonne qu’ils misent sur une islamisation de l’Europe, sur l’ « avenir ». Ils aimeraient être du bon côté. Ils aimeraient être des dhimmis (soumis) bien traités. Mais ils ne le seront pas. D’autre part, les gens précités veulent faire oublier (en vain, évidemment) leur passé politiquement incorrect et se fabriquer un faux passeport d’ « antiracistes », en apparaissant comme les grands amis de l’islam, des Arabes, de la cause palestinienne, du pauvre tiers-monde opprimé par la « forme-Capital américano-sioniste ». Cette attitude est non seulement intellectuellement indigente, mais elle peut surtout être qualifiée par ce terme : la lâcheté.

6/ Qu’est-ce que le Sionisme pour vous ?

Guillaume Faye :

Le Sionisme est l’affirmation de la réinstallation d’un peuple sur une terre qu’il estime être la sienne. Le Sionisme est aussi une idéologie très composite : celle de l’Alhya, c’est-à-dire du « retour » des juifs dispersés, mais aussi, à l’origine, de la construction d’une nouvelle forme de société.

Je connais assez bien ce sujet parce que je prépare un ouvrage qui va faire un certain bruit dans le « milieu » et qui va s’intituler « La Nouvelle Question Juive. » Le sionisme, élément très récent dans l’histoire juive, théorisé à la fin du XIXe siècle, par Hetzl et Buber (qui n’étaient pas sur les mêmes positions, d’où le « compromis israélien ») est la tentative (réussie, cas unique dans l’histoire) de reconstituer un État hébreu, en fait le mythique Royaume de David, à partir d’une diaspora et ce, afin d’échapper aux persécutions et de renouer avec la tradition post-mosaïque.

Il faut noter que beaucoup de juifs religieux étaient contre ce projet (et il en existe toujours) car il semblait viser la construction d’une entité profane et étatique. Le projet sioniste est un exemple absolument exceptionnel dans l’histoire d’ « archéofuturisme » (du nom d’un de mes ouvrages, L’Archéofuturisme ), c’est-à-dire de reconstruction, de renaissance, de résurrection et de projection dans l’avenir d’une forme politique passée mais nullement oubliée. La reconstitution d’une langue nationale et étatique, l’hébreu, n’a pas d’équivalent dans l’histoire. C’est un acte majeur de volontarisme politique. Il y a une « saga » du mouvement sioniste qui, observée de mon point de vue non-juif, correspond aux valeurs que je défends : attachement à une terre, au lignage de son peuple, à ses traditions, à sa perpétuation historique, à une fidélité de filiation, à une homogénéité ethnique et à une volonté collective. Le sionisme constitue donc un exemple de création d’une forme politique et étatique nouvelle autour d’un peuple, dont devraient s’inspirer les refondateurs identitaires européens. Mais, bien entendu, même si j’en applaudis les principes, le sionisme n’est pas ma cause, puisque je n’appartiens pas au peuple juif. Simplement, je ne vois au nom de quel fantasme, je le combattrais…

Maintenant, je pense que (et je ne m’en réjouis absolument pas) le projet sioniste et l’existence d’Israël sont menacés par la balance démographique, en faveur des musulmans ; ainsi que par l’extension d’une guerre terroriste qui peut provoquer l’exode des élites, ainsi que par la baisse probable des soutiens internationaux en faveur d’Israël. La grande erreur qui fut commise : avoir accordé la nationalité israélienne à une minorité musulmane en 1948 plutôt que d’avoir organisé une claire et franche partition. C’est la conséquence des idées « humanistes » de Buber et de son fameux livre Ich und Du. Une dernière chose : on me raconte (discours officiel) que l’État hébreu sioniste s’est comporté de manière ignoble et persécutrice vis-à-vis des malheureux « Palestiniens ». Même si c’était vrai, ce n’est pas mon problème. Et, en plus, je pense que c’est très exagéré. Il est de l’intérêt politique des identitaires européens que l’État israélien se maintienne. J’en parlerai dans mon prochain livre à paraître. Cette position choquera les attardés. Tant pis pour eux.

7/ Est-ce vrai que vous avez prononcé des conférences au Sénat à l’invitation du Club sioniste très influent de Jean Mandelbaum, cercle qui a invité l’avocat de Chirac, Spiner, et la plupart des sionistes célèbres de France ?

Guillaume Faye :

Tout à fait exact. Je leur notamment expliqué que les intellectuels et hommes politiques juifs qui avaient soutenu, au nom d’une vision délirante de l’ « antiracisme », l’immigrationnisme et l’islamisation, étaient des irresponsables. Le public était d’accord. Je réponds à toutes les invitations. J’ai parlé devant le FN, le MNR, le Rotary Club, le PS du XVe arrondissement, le parti républicain à Washington, le parti Rodina à la Douma de Moscou, le parti breton Adsav, l’Université de Saint-Pétersbourg de nombreuses associations culturelles françaises, belges, allemandes, italiennes, espagnoles et cercles en France, en Allemagne, en Italie, etc. Je suis un électron libre, j’affirme mes idées sans complexe. J’ai même été invité par des cercles musulmans qui voulaient savoir ce que j’avais derrière la tête, étant donné mes positions anti-islamistes. Je parlais à côté d’anciens amis de la « nouvelle droite » convertis à l’islam et antisionistes obsessionnels. J’ai senti que ces musulmans me respectaient beaucoup plus que ces convertis trouillards et obséquieux. Je leur ai expliqué qu’ils étaient en train d’envahir l’Europe, que je n’étais pas dupe de leur stratégie et que mon devoir était de les combattre et que – vraiment désolé – j’avais parfaitement démonté les ficelles de cette manipulation en faveur de la « cause palestinienne », comme de la fable de l’islam « religion de paix ». Je leur ai expliqué que mon devoir était de m’opposer à leur djihad, que je n’étais pas dupe de leur hypocrisie coranique, qu’ils pouvaient faire ce qu’ils voulaient chez eux mais pas chez moi, qu’il ne fallait pas qu’ils me prennent pour un idiot en parlant de la « menace sioniste », etc. lls m’ont écouté parler en silence, très courtoisement, assez inquiets, attentifs et, à la fin, un intellectuel algérien m’a dit, avec un grand sourire : « heureusement pour nous que la plupart des Français n’ont pas votre lucidité et ne nous connaissent pas comme vous nous connaissez.»

8/ Assumez vous l’appellation « extrême-droite », et comment expliquez vous votre image sulfureuse, et extrémiste ?

Le terme « extrême droite » est flou et peu rigoureux, en termes de sémantique politique. Mon cas est un peu spécial. J’ai bâti mon idéologie propre, qui dérange un peu tout le monde, puisque je bouscule aussi bien les vulgates islamophiles que les préjugés antisionistes, les pro-US et les anti-US, et de même dans mes théories économiques et géopolitiques.

J’essaie de construire une idéologie nouvelle. Qu’on me lise et qu’on étudie mes textes avant de porter des jugements hâtifs. En fait, je dérange tous les camps, je brouille les étiquettes. Je suis d’abord moi-même, mais qu’on me traite d’ « idéologue de l’extrême-droite » ne me dérange nullement. Je ne suis pas comme ces vieux crabes transis de peur qui veulent se cacher derrière leur petite pince. Pourquoi mon image sulfureuse et « extrémiste » ? Tout simplement, parce que j’ai affronté de face et de front dans mes écrits et mes conférences publiques l’islamisation de l’Europe, l’immigration invasive, le néo-totalitarisme de l’idéologie régnante et le recul de la liberté d’expression, et le phénomène général de décadence que vit cette civilisation en fin de cycle. Et, comme tout cela m’a valu des procès et des condamnations, il est normal que les bien-pensants me considèrent comme « extrémiste ». « Extrémiste », aujourd’hui, cela signifie comme jadis dans l’URSS stalinienne : dissident qui dit la vérité.

9/ Vous avez probablement entendu parler du scandale déclenché par un article retentissant d’un ancien du GRECE devenu apparemment politiquement correct, Joseph Macé-Scaron, journaliste à Marianne, qui a lancé la promotion d’un livre sulfureux et haineux accusant tous les penseurs de droite comme Alexandre del Valle ou Guy Millière liés à la communauté juive ou les Juifs sionistes de droite comme Goldnadel ou Kupfer (Likoud) d’être des « Fachos ». Qu’en pensez-vous et que pouvez-vous dire sur l’étonnant accusateur Macé-Scaron ?

Guillaume Faye : Au vu de cet article de Marianne signé par M. Joseph Macé-Scaron, dont un passage prétend ou suggère que M. Alexandre Del Valle aurait appartenu à ladite mouvance ou en aurait été idéologiquement proche, je puis vous affirmer indépendamment de tout ce que l’on peut penser du sieur Del Valle et même si l’on peut être en désaccord avec lui, qu’il n’a jamais appartenu, ni de près ni de loin, à la « nouvelle droite », au GRECE, ni à aucune organisation d’ « extrême-droite », ni participé à aucune de ses réunions de l’époque. Je m’en serais tout de même aperçu, vu que je suis au centre de cette famille de pensée et que je connais parfaitement chacun de ses « intellectuels » !. M. Del Valle n’en a jamais fait partie et n’a jamais été invité à y débattre ni à y écrire. Il a par contre participé à une conférence mentionnée par Macé-Scaron durant laquelle il a provoqué des vives réactions dans la salle lorsqu’il a violemment attaqué les idées véhiculées par le GRECE et son contradicteur de la Nouvelle Droite, en l’occurrence Champetier (qui a d’ailleurs, depuis, quitté cette organisation). Je témoigne que, comme Taguieff, jadis lynché pour les mêmes raisons dans Le Monde, del Valle a débattu contre et non pas pour la nouvelle droite, ce qui change tout, car débattre avec quelqu’un ne signifie pas adhérer à ses idées ni en être solidaire.

Lorsque Del Valle est apparu dans des colloques en face d’intellectuels de la Nouvelle droite néo-païenne ou du GRECE ou autres, il a toujours vivement critiqué ce qu’il considérait comme l’ « antisémitisme et l’antisionisme » des pro-Arabes obsessionnels de cette mouvance dont je parle plus haut. C’est la vérité dont je suis témoin (je ne juge pas les positions du sieur Del Valle), fort différente des allégations du mauvais journaliste Macé-Scaron.

tente de faire oublier son passé lorsqu’il accuse certains d’avoir participé à des conférences avec des gens prétendument proches de la Nouvelle En revanche, l’accusateur Joseph Macé-Scaron qui, apparemment, Droite, est assez mal placé pour accuser notamment Goldnadel ou del Valle, car il fut quant à lui bel et bien un adhérent et un cotisant du GRECE , ainsi qu’un de ses fervents militants et dirigeants entre 1978 et 1985 ! Macé-Scaron travaillait même à temps plein (en tant que « permanent ») dans la « cellule presse » de la Nouvelle Droite (GRECE), après avoir prêté serment et été adoubé, en compagnie de son ami le journaliste Thierry Deransart, selon le rite pagano-chrétien de la chevalerie, séance à laquelle j’ai assisté en présence d’autres. Son parrain et adoubeur est toujours un de mes bons amis qui, certainement acceptera de témoigner, et est actuellement un cadre du MNR (ex-FN). Un autre de mes bons amis, qui était à l’époque secrétaire général du GRECE (et qui a quitté cette association pour des raisons voisines des miennes) pourrait également témoigner de la lourde implication de M. Macé-Scaron. Etonnant accusateur que M. Macé-Scaron, formé par l’ « école de journalisme » que nous avions mise en place au GRECE, à l’époque où nous avions très largement infiltré le Figaro Magazine — dont deux rédacteurs en chef successifs furent des dirigeants du GRECE, MM. Valla et Plunkett, et où écrivaient un nombre important de membres de cette association et de la mouvance — dont moi-même évidemment. Je me souviens parfaitement que, dans le cadre de cette « école de journalisme », j’ai contribué à former (idéologie, écriture, propagande) M. Macé-Scaron, qui était un très bon élève ; ce dernier a donc débuté sa talentueuse carrière journalistique par son entrée au Figaro Magazine, grâce au GRECE.

Par la suite, comme bien d’autres journalistes qui avaient, du fait du GRECE et de la Nouvelle Droite, entamé leur parcours professionnel au Figaro, à Valeurs Actuelles ou ailleurs, il a tenté de faire oublier cette encombrante généalogie et a - publiquement- changé d’idées. C’est humain, et qui pourrait le lui reprocher, dans une époque où il faut montrer patte blanche pour faire carrière ? L’erreur majeure qu’il a commise fut de cracher dans la soupe et de dénoncer ses anciens amis. C’est pourquoi je me permets de rétablir la vérité.

Cela dit, les idées que diffuse le GRECE aujourd’hui, je le précise une nouvelle fois, ne sont pas du tout les positions identitaires fortes (d’ »extrême droite » comme disent les journalistes) qu’il défendait lorsque M. Macé-Scaron en faisait partie. Et qu’il en était un des « jeunes espoirs ».

Ce qui n’est pas admissible, c’est que M. Macé-Scaron, en piètre délateur, accuse mensongèrement d’autres personnes d’appartenir à une mouvance dont il fut lui-même partie prenante et de diaboliser cette famille de pensée qui lui a tout de même mis le pied à l’étrier… J’ajoute que je suis parfaitement prêt à étayer et à préciser mon témoignage, si besoin est... D’autres dirigeants du GRECE de l’époque seraient peut-être prêts à confondre M. Joseph Macé-Scaron.

10/ Macé-Scaron a-t-il conservé des amitiés occultes extrêmes-droitières, néo-païennes, ou nouvelle droite ?

Guillaume Faye :

Comment le saurais-je ? À mon avis, non. Il a dû tout entreprendre pour se refaire une virginité et effacer sa propre « traçabilité ». Comme beaucoup d’autres l’ont fait, aujourd’hui très bien installés dans les médias et l’entreprise grâce à notre mouvance dont l’entrisme, à l’époque (1975-1985) était très efficace. Mais je ne lui reproche, encore une fois, nullement, cette rupture. Chacun a le droit de changer. L’ingratitude est méprisable mais elle pas immonde. En revanche, M. Macé-Scaron a commis une très lourde erreur (la bêtise ? ) en allant hurler avec les loups et en salissant cette famille qui fut la sienne et qui l’avait largement aidé.

Vous savez, je connais ce milieu par cœur. Je pourrais vous citer une bonne trentaine de noms de gens des deux sexes qui ont été très impliqués à la grande époque de la Nouvelle Droite et du GRECE, (et même après) que nous avons formés, aidés, placés, peu ou prou, ou qui furent des militants voire des permanents. Ils sont bien au chaud dans mes carnets forts bien tenus. Ils ont fait de belles carrières, certains sont très médiatisés. Mais jamais, je n’irai parler de leur « passé », ce serait de la délation déshonorante. En revanche, si l’un d’entre eux ou l’une d’entre elles s’en vient à cracher dans la soupe, sur nos idées, notre mouvance et à les diaboliser publiquement, ou à tenter de nous nuire par quelque moyen, je remettrai les choses à leur place en révélant leur passé. Je ne leur demande pas le courage mais le silence. Le combat, je me charge de le continuer.

11/ Concernant la question centrale du révisionnisme, est-ce vrai que le GRECE et la Nouvelle droite de l’époque était en grande majorité révisionniste et/ou antisémite ? Cela semblait-il choquer Joseph Macé-Scaron à l’époque ?

Guillaume Faye : J’ai quitté le GRECE en 1986. Jamais le révisionnisme n’y a été à l’ordre du jour. De même, aucun antijudaisme ouvert ne pouvait s’y exprimer. Simplement, d’un point de vue sociologique, ou socio-historique, tout ce milieu baignait dans une atmosphère qui n’était évidemment pas favorable aux juifs, bien que plusieurs membres du GRECE fussent d’origine juive. Il faut bien savoir que la droite juive sioniste nous était très hostile. En 1979, au Palais des Congrès de Paris, notre colloque annuel a été attaqué par l’OJD, l‘Organisation juive de Défense, ce qui s’est soldé par beaucoup de blessés des deux côtés. Ce n’était pas un hasard. L’idéologie que nous exprimions (et le contexte idéologique de cette époque était extrêmement différent de celui d’aujourd’hui) déplaisait fortement à ces milieux juifs, et en particulier au Bêtar. Les raisons de cette hostilité n’étaient d’ailleurs ni sérieuses ni cohérentes. Mais, c’est effectivement à cette époque que M. Macé-Scaron a adhéré au GRECE. Il est bien évident qu’il ne pouvait pas ignorer le contentieux qui nous opposait aux milieux juifs.

12/ Des rumeurs prétendent que Joseph Macé-Scaron qui n’arrête pas de clamer les origines juives de sa grand-mère se serait habilement inventé une généalogie juive pour

faire oublier ou compenser son sulfureux passé et ses amis droitistes fachos comme Deransard. Qu’en dites vous ?

Guillaume Faye : Je n’accorde jamais foi aux « rumeurs ». En tous cas, lorsque M. Macé-Scaron a adhéré au GRECE, il n’a jamais fait mention de cette mystérieuse « grand-mère juive ». Et d’ailleurs, l’eût-il fait que cela ne l’aurait nullement empêché d’adhérer. Entre parenthèse, je trouve que terme de « facho » est un concept polémique et sans aucune validité socio-politique. Prenez mon cas : le corpus idéologique que je construis depuis presque trente ans n’a aucune filiation avec le « fascisme » ; et pour une raison simple : je ne connais pas la doctrine politique fasciste et ne peux donc pas m’inspirer de cette période. Je construis sur des bases nouvelles et actuelles. Pour revenir à Macé-Scaron, une chose est sûre : il tente, comme un lièvre aux abois, de faire oublier ses engagements passés. Il aurait mieux fait de se taire. Vous connaissez le proverbe chinois : « il ne faut pas tirer la queue du tigre qui dort ».

13/ Dans un registre proche, pouvez-vous confirmer qu’un certain nombre de personnalités médiatiques bien plus sulfureuses que vous ont étonnamment été épargnées alors qu’elles ont un passé au moins aussi droitier que vous ? Est-ce vrai que le fait de ne pas parler d’immigration et de ne pas dénoncer l’Islam est le secret pour être épargné ? Si l’on fait notamment allusion à Karl Zéro ?

Guillaume Faye : Ce n’est pas le secret pour être épargné, mais ça aide. Karl Zéro n’a jamais adhéré au GRECE, mais il écrivait et faisait des BD politiquement incorrectes dans la revue satirique de son frère, Bruno Thélène, Jalons, dans les années 80. Or il se trouve que j’écrivais aussi dans cette revue, dont le comité de rédaction était « ultra-droitiste ». Or, ce personnage médiatisé ne cesse, pour se dédouaner, de dénoncer ses anciens amis et l’ « extrême droite ». Je le soupçonne de faire partie de ceux qui ont tenté de m’attirer des ennuis et de me faire virer des « grands médias ». Son cas est proche de celui de Macé-Scaron. Il a perdu un procès contre un ancien membre du GRECE qu’il accusait dans la presse d’être ce que vous appelez un « facho ». Je possède tous les dossiers. En tout cas, Karl Zéro est un personnage peu reluisant.

13 / Karl Zéro n’était donc pas directement membre du GRECE ? Y-a-t-il d’autres ex-antisémites ou fachos épargnés et pourquoi le sont-ils ?

Guillaume Faye : Je vous répète : Karl Zéro n’était pas adhérent, mais il faisait partie de la « mouvance » de la Nouvelle Droite, du « deuxième cercle », si vous voulez. Il venait aux réunions informelles, aux soirées. Il a vite compris qu’il fallait en sortir. Encore une fois, je ne peux accuser personne de ceux qui étaient dans la mouvance à cette époque d’avoir été « antisémites », vu que cette question n’était jamais abordée ! Celles et ceux qui sont « épargnés » le sont (je me répète encore) soit parce qu’ils ont montré « patte blanche » en épousant la vulgate de l’idéologie hégémonique, soit –surtout – parce qu’ils ont soigneusement camouflé leur passé de dissidents. Ce dernier ne sera jamais révélé à leurs maîtres ni par moi ni par mes amis, sauf évidemment si les intéressés se livrent à des campagnes de calomnies contre nous.

14 Que pensez-vous d’Israël, de son avenir, puis de celui de l’Europe face à l’Islam ?

Guillaume Faye : J’ai déjà répondu à ces questions. Israël est principalement menacé par sa faiblesse démographique face aux musulmans hostiles — encore plus que par la future bombe atomique iranienne. Je ne considère pas cet État comme hostile ni menaçant et je pense que l’ « anti-israélisme » serait, pour les identitaires européens, une erreur géostratégique lourde. Une des forces d’Israël c’est, entre autres, son très haut niveau scientifique et de recherches (4,9% du PIB consacré à la recherche-développement, le niveau le plus fort du monde). L’ « alliance arabe » est, pour l’Europe, une impasse dramatique, de même que toute forme de tiers-mondisme, suprême naïveté. Quant à l’islam, l’Europe affronte aujourd’hui la troisième tentative historique (et sans doute la plus dure) depuis le VIIIe siècle de cette « religion-civilisation » pour la conquérir et la transformer en Eurabia. L’Europe est également confrontée à un déferlement migratoire incontrôlé qui est en train d’opérer une véritable substitution de population. Détourner son attention sur un antisionisme fantasmatique, sur un anti-américanisme primaire, est la pire erreur que l’on puisse commettre en politique et que dénonçait Nicolas Machiavel : se laisser gouverner par les passions et non pas par la froide et claire lucidité.

15/ Les Etats-Unis sont-ils un adversaire ou un ennemi ou encore un allié de l’Europe face à la colonisation islamique ?

Guillaume Faye : Les USA n’existent pas comme « entité homogène », ce que ne comprennent pas les anti comme les pro-américains. Des forces politiques à Washington ( les « néo-cons ») ont tenté de jouer la carte de l’islam pour affaiblir l’Europe et la Russie. Malheureusement pour eux, ils ont attisé le terrorisme islamique et se sont laissé prendre dans le piège irakien. La politique actuelle de Washington est stupide et maladroite. Mais, de leur point de vue, les dirigeants de Washington ont toujours cherché à empêcher l’union continentale Europe-Russie (que j’appelle « Eurosibérie »). Cependant, il existe maintenant aux USA de nouvelles forces idéologiques, avec lesquelles je suis en étroites relations, qui estiment indispensable la restauration d’une puissance européenne, qui pensent bel et bien que nous sommes au début d’un choc de civilisations qui opposera globalement le Nord au Sud, (pour schématiser et que nous le voulions ou non) même si cela choque les intellectuels à système qui confondent leurs désirs avec les réalités. Ces nouvelles forces estiment aussi (même chez ceux qui étaient des Américains antijuifs) qu’un compromis historique et qu’une entente de fond est nécessaire avec les élites juives pour entraver l’immigration incontrôlée et l’islamisme. Ils commencent enfin à comprendre (comme d’autres en Europe) que l’aversion antijuive est une impasse totale.

J’ai toujours écrit et dit qu’aujourd’hui les USA étaient un adversaire mais non pas un ennemi. Il faut convaincre les élites américaines de la nécessité d’une alliance ethnopolitique entre tous les peuples d’origine européenne. J’ajouterais que l’arrogance et l’impérialisme des gouvernants américains n’a qu’une seule cause : la faiblesse, le renoncement et la mollesse des gouvernants européens. Quant aux juifs, même s’ils sont « un cas à part », ils constituent un peuple apparenté et ils doivent participer à cette alliance. Évidemment, ils devront faire, de leur côté, des efforts. J’appelle cela par ce terme que je répète : un compromis historique.

16/ Vous qui avez fait votre mea-culpa pour avoir dit jadis Europe-Monde arabe même combat, diriez-vous aujourd’hui Israël-Occident-Europe même combat ?

Guill,aume Faye : Carl Schmitt, célèbre politologue allemand que Raymond Aron a fait connaître et traduire en France, disait que ce n’est pas d’abord vous qui désignez votre ennemi, mais que c’est votre ennemi qui vous désigne comme tel, que vous le vouliez ou non. Lorsque l’idéologie islamiste ( qui bénéficie d’un énorme retentissement dans les masses et qui ne s’embarrasse pas de subtilités intello-parisianistes) parle de « judéo-croisés », pour désigner leur ennemi principal, voilà qui donne à réfléchir. Je vais répondre à votre question et ma réponse s’inspirera de mon maître, Nicolas Machiavel. Tout d’abord, je n’aime pas le terme d’ « Occident » car il semble exclure la Russie et qu’il est superficiel (pourquoi l’ « Ouest » ? ). La realpolitik du XXIe siècle devra viser à regrouper tous les peuples d’origine européenne, dont les intérêts convergent et qui affronteront les mêmes menaces, quel que soit leur continent d’implantation. L’État hébreu devra rejoindre cette alliance, en se plaçant sous sa protection, intégré mais non pas assimilé, mais sans prétendre la diriger, avec la garantie absolue que l’anti-judaisme est un sentiment obsolète et contre-productif qui n’aura plus cours. D’ailleurs, nier la place des juifs dans la civilisation européenne (entendue au sens large, multi-continentale) m’a toujours semblé du pur délire, le résultat de l’ignorance ou de la mauvaise foi. Au XXIe siècle, Israël ne sera plus au centre des préoccupations du monde, car le monde sera de moins en moins « occidentalo-centré » (les Chinois et les Indiens ont très peu de mémoire historique de la « question juive »). Beaucoup de juifs pensent qu’ils appartiennent à un « peuple central », le fameux sel de la terre. Ce sentiment devra être tempéré.

Néanmoins, Israël est aujourd’hui aux premières loges dans le combat contre l’ennemi commun. Je trouve parfaitement abject les textes lus sur internet de groupes néo-droitistes pro-islamistes qui exaltaient le « martyre » d’une Européenne belge convertie à l’islam qui s’était faite sauter en Israël en tuant des innocents. À l’origine, qu’ai-je à faire de cette guerre entre juifs et musulmans, entre Israéliens et Palestiniens ? Qui a tort, qui a raison ? Ce n’est pas mon problème, sauf que…Oui, sauf qu’à mon sens, le maintien et le renforcement de l’État d’Israel est un impératif vital pour tous les Européens. Car l’effondrement d’Israël serait, pour l’islam, une porte ouverte à la conquête totale de l’Europe. Bref, je soutiens totalement l’État d’Israël tout en déplorant les maladresses et la mollesse de certains de ses actuels dirigeants ( pollués par l’humanitarisme de Buber). Si j’étais à leur place, je t’attendrais pas les autorisations américaines pour aller frapper les sites nucléaires iraniens.

17/Les positions que vous exprimez ici vont peut-être provoquer un séisme dans votre propre milieu ? On va vous traiter de « judéophile » ?

Guillaume Faye : je ne suis absolument pas « judéophile ». Je considère les juifs comme des alliés, comme partie prenante de la civilisation européenne, avec un statut très particulier et original de « peuple à part » (ce qui ne signifie pas « supérieur »), c’est très différent. Mais j’ai toujours ressenti un rejet pour l’antijudaisme ; non pas qu’il m’ait semblé « immoral », mais tout simplement inutile, graveleux, infantile, politiquement inconsistant, dépassé. Mon but est de provoquer des séismes, de faire réfléchir, de bousculer les préjugés, de faire évoluer les mentalités. Débarrasser mon milieu de l’antijudaisme et de l’antisionisme contre-productifs — dont il est encore empreint – me semble être une nécessité stratégique. Ce fait doit être sereinement pris en compte. Pour moi, les juifs sont eux mêmes, fiers de leur vérité intérieure, gardiens de leurs propres secrets. La communauté juive devrait réfléchir activement sur la pertinence de mes théories et envisager ses propres évolutions idéologiques. Mon essai à paraître La Nouvelle Question juive, éclairera beaucoup d’angles obscurs. Je creuse des trous dans le sol pour faire jaillir des volcans.

NOTES.

(1) Ouvrages écrits de 1980 à 1986 : Le Système à tuer les peuples (traduit en italien), Les nouveaux enjeux idéologiques, L’économie organique ,La Nouvelle Société de Consommation, Sexe et idéologie, L’Occident comme déclin, Nouveau discours à la nation européenne.

(2) Ouvrages écrits de 1986 à 1999 : Le Guide de l’engueulade, Le Guide du séducteur pressé, Les extraterrestres de A à Z.






Posté le 26/07/2006 par le réseau Jord


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